Emblème de la surpêche, la morue terre-neuvienne bientôt certifiée durable?

Emblème de la surpêche, la morue terre-neuvienne bientôt certifiée durable ?

Fébrilité au sein de l’industrie des pêches de Terre-Neuve-et-Labrador, où la morue du Nord, longtemps un symbole de la surpêche et de la mauvaise gestion, pourrait bientôt obtenir une certification mondiale en matière de durabilité. L’obtention du label bleu du Marine Stewardship Council (MSC), un organisme créé suite à l’effondrement des stocks de morue et au moratoire décrété au large de la province, donnerait aux transformateurs l’accès à plus de marchés, à un moment où le ministère des Pêches et des Océans (MPO) augmente progressivement les quotas.

« Le MSC existe en raison de ce qui est arrivé ici, au Canada, en 1992 », explique Alberto Wareham, PDG d’Icewater Seafoods, dans son usine d’Arnold’s Cove. À l’époque, le moratoire avait supprimé environ 30 000 emplois à Terre-Neuve-et-Labrador. Wareham se souvient d’un moment poignant lors d’une annonce à Barcelone en avril, où il a révélé que la morue du Nord était en cours d’évaluation par le MSC.

Le mercredi 8 juillet, quelques jours après l’ouverture de la pêche commerciale à la morue dans les eaux à l’est de la province, 320 travailleurs étaient à l’œuvre jour et nuit pour transformer ce poisson. « Notre usine a survécu au moratoire », affirme fièrement Wareham, dont la famille travaille dans le secteur des pêches depuis huit générations.

La pêche commerciale à la morue a rouvert au Canada en juin 2024, et depuis l’an dernier, Icewater ne transforme que de la morue terre-neuvienne. Wareham a investi environ 15 millions de dollars dans son usine entre 2018 et 2020 pour se préparer au retour de la morue locale. Il espère transformer 25 % de plus de morue en 2026.

Actuellement, les quotas de morue du Nord au Canada s’élèvent à 59 000 tonnes, suite à une augmentation de 55 % cette année. Les données scientifiques montrent que la biomasse du stock reproducteur dépasse désormais les 542 000 tonnes, soit une hausse de 20 % par rapport aux estimations de 2025.

Cependant, certains groupes environnementaux, dont Oceana Canada, critiquent la gestion de l’espèce par le MPO, estimant que l’augmentation des quotas pourrait être trop rapide. En réponse, Wareham as que le Canada adopte une approche très précautionneuse.

Alberto Wareham souligne que certains clients en Europe et en Amérique du Nord évitent les produits sans la certification du MSC, rendant ce label très convoité. Icewater s’attend à une décision du MSC au premier trimestre de 2027.

Source : Radio-Canada

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