Coupe du Monde 2026 : l’empreinte carbone du Mondial de football atteint des sommets
L’édition 2026 de la Coupe du Monde de football, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, marque un tournant majeur avec l’augmentation du nombre d’équipes participantes à 48 et des matchs à 104. Cette expansion entraîne une hausse significative des déplacements pour les joueurs et les supporters, avec des distances parfois supérieures à 1000 kilomètres entre les sites.
Selon la plateforme de comptabilité carbone Greenly, l’empreinte carbone de cet événement pourrait atteindre 7,8 millions de tonnes, dont 87 % proviendraient des transports aériens. Les déplacements en avion constituent ainsi le principal contributeur aux émissions de gaz à effet de serre liées à la compétition. Contrairement à la Coupe du Monde de 2022 au Qatar, où sept stades avaient été construits spécifiquement pour l’événement, aucun nouveau stade ne sera érigé pour cette édition.
De plus, les chercheurs ont inclus dans leur analyse les émissions liées à un partenariat entre la FIFA et le géant pétrolier Aramco, estimant que les ventes de carburants générées par ce sponsoring pourraient engendrer 29,95 millions de tonnes de CO2, soit plus de trois fois les émissions directes de l’événement.
Des chaleurs extrêmes qui menacent joueurs et spectateurs
L’augmentation des émissions de CO2 contribue au changement climatique, exacerbant les températures estivales dans l’hémisphère Nord. Le World Weather Attribution a mis en garde contre les risques liés aux fortes chaleurs pour les joueurs et les spectateurs. Une étude menée lors de la Coupe du Monde des clubs en juillet 2025 a démontré que des températures élevées réduisent la distance parcourue et la vitesse des joueurs.
La FIFA reconnait l’ampleur du problème. Lors de la COP 28 à Glasgow en 2021, l’organisation s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040, affirmant qu’elle prend ses responsabilités sociales au sérieux. Cependant, cet objectif semble compromis pour cette Coupe du Monde et les suivantes.
Les prévisions pour les éditions futures sont préoccupantes : celle de 2030, organisée par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, devrait émettre plus de 6 millions de tonnes, représentant une augmentation de 29 % par rapport à la moyenne des Coupes du Monde de 2010 à 2022. La Coupe d’Arabie Saoudite en 2034 pourrait atteindre 8,5 millions de tonnes, soit une hausse de 82 %.
Source : Sciences et Avenir