Des dizaines de milliers d’étrangers quittent l’Afrique du Sud dans un climat de peur

Des dizaines de milliers d’étrangers quittent l’Afrique du Sud dans un climat de peur

Le mouvement ressemble de plus en plus à un exode. Depuis plus d’un mois, une vague de mobilisation xénophobe appelle au départ des étrangers illégaux d’Afrique du Sud. Plus de 53 000 personnes auraient été rapatriées ou expulsées par le gouvernement sud-africain ces dernières semaines, selon le Daily Maverick. Toutefois, ce chiffre pourrait être bien plus élevé. D’après les autorités zimbabwéennes, plus de 78 000 de leurs ressortissants seraient rentrés au pays depuis le 28 mai 2026, comme le signale le quotidien d’État The Herald.

Sept pays africains, dont le Malawi, le Zimbabwe et le Mozambique, ont organisé des rapatriements volontaires. L’organisation March and March, qui se positionne à la tête de cette mobilisation, avait appelé au départ des étrangers illégaux avant le 30 juin.

L’ampleur des départs a pris de court les autorités sud-africaines. À Durban, jusqu’à 10 000 Malawites se sont rassemblés dans un campement de fortune en juin, demandant à être rapatriés. Bien que le site soit désormais fermé, des étrangers continuent d’y affluer, poussant les autorités locales à demander aux employeurs d’arrêter de déposer leurs employés étrangers sur place.

La situation est similaire au Cap, où des centaines de migrants, principalement zimbabwéens et malawites, campent en plein air après la fermeture d’un centre de rapatriement.

Les bus partent de ces points de rassemblement pour converger vers le poste-frontière de Beitbridge, principal point de passage vers le Zimbabwe. Les autorités sud-africaines y ont construit un centre de rapatriement temporaire pour faire face à l’afflux. Bien que le chaos des premiers jours semble s’atténuer, les fonctionnaires traitent encore plus de 1 000 dossiers par jour. Albert Matsaung, responsable du ministère de l’Intérieur, a indiqué qu’ils avaient réussi à prendre en charge 1 675 personnes en une journée.

Les autorités sud-africaines se félicitent de la gestion « digne » du processus de rapatriement, mais les organisations humanitaires alertent sur la précarité de la situation. Nithaam Bawa, responsable de l’organisation humanitaire Gift of the Givers, souligne que les installations sanitaires sont totalement insuffisantes et que des mes sont prises pour prévenir les maladies.

Les départs sont alimentés par la poursuite des marches organisées par le mouvement anti-immigrés, dans un climat de tension. Bien que seuls les migrants illégaux soient officiellement visés, de nombreux étrangers subissent harcèlement et violences, quel que soit leur statut. Des habitants dans la province du Limpopo ont même pris l’initiative de rassembler les étrangers pour les livrer aux forces de l’ordre.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, depuis le 14 juin, plus de 44 000 personnes ont été rapatriées au Malawi, plus de 4 600 au Zimbabwe, plus de 1 500 au Mozambique, environ 950 au Ghana, 850 au Nigeria et 400 au Kenya.

Sources : Daily Maverick, The Herald

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