Présidentielle 2027 : les libéraux au défi de se trouver un chef de file
Rarement aura-t-on vu, en France, autant de lecteurs de Frédéric Bastiat et d’Alexis de Tocqueville rassemblés dans une même pièce. Leur point commun ? Tous ont le déficit public et la taxe Zucman en horreur. Le 9 juillet, près de 400 adeptes du libéralisme se sont réunis pour la troisième édition de la Journée de la Liberté dans l’amphithéâtre de la Maison de la Chimie. Entrepreneurs, essayistes et personnalités politiques ont évoqué des sujets tels que la retraite par capitalisation et les excès de taxes sur le travail.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où la fuite en avant budgétaire et la pression fiscale suscitent un sentiment d’exaspération croissant. De nombreux collectifs et associations, comme « Trop c’est trop » et « 300 pour la France », émergent pour dénoncer la dérive fiscale et proposer des réformes. Des think tanks, tels que l’Institut de recherches économiques et fiscales (Iref) et Génération Libre, ainsi que la revue Civilisations, récemment lancée, contribuent également à cette dynamique.
L’opinion publique semble évoluer. Un sondage Ifop révèle que 91 % des Français estiment que le travail ne paie pas assez, et 68 % se disent prêts à soutenir un candidat prônant une « thérapie de choc » axée sur le déficit zéro, la baisse des dépenses publiques et des impôts.
Cependant, le mouvement libéral fait face à un défi majeur : l’absence de figure politique incarnant ses idéaux. Les nostalgiques d’Alain Madelin et les déçus du « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron s’interrogent sur les candidats à l’Élysée. David Lisnard, maire de Cannes, pourrait-il incarner cette voix ? D’autres, comme Guillaume Kasbarian et Sarah Knafo, aspirent également à fédérer les libéraux.
Pour l’heure, l’union des droites autour des idéaux libéraux apparaît fragile. Un vétéran de la communauté libérale souligne que la droite reste attachée au rôle de l’État sur des sujets clés tels que l’agriculture et la sécurité. De plus, le débat politique semble réduire la question économique à une simple comptabilité, alors que la nécessité de créer des entreprises reste cruciale.
Actuellement, la stratégie des entrepreneurs et libéraux consiste à diffuser leurs idées auprès d’un maximum de candidats, dans l’espoir que le libéralisme infuse davantage le spectre politique. Faute de représentation crédible, le sursaut libéral pourrait demeurer un mirage.
Source : L’Express