L’Union européenne veut instaurer un accès « progressif et gradué » des mineurs aux réseaux sociaux

L’Union européenne envisage un accès « progressif et gradué » des mineurs aux réseaux sociaux

L’Union européenne projette d’instaurer un accès « progressif et gradué » des enfants et adolescents aux plateformes en ligne, visant à les protéger des risques associés. Cette initiative fait suite à des recommandations formulées par des experts dans un rapport publié ce lundi 13 juillet 2026.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné l’importance de cette démarche : « L’enfance est une période extraordinaire et délicate pour le développement du cerveau. Durant cette phase, les enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel, pour jouer, nouer des amitiés, faire des erreurs, construire leur personnalité, avant qu’un algorithme le fasse pour eux. » Elle a précisé que des propositions concrètes seraient présentées « après l’été ».

« Majorité numérique »

Depuis plusieurs mois, Bruxelles étudie l’opportunité d’implémenter une « majorité numérique » à l’échelle de l’Union européenne, s’inspirant de l’exemple australien de l’année précédente. Dans ce cadre, plusieurs pays, dont la France, l’Espagne, la Grèce, le Danemark, l’Autriche et la Suède, mettent en place ou envisagent des restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs.

Cependant, l’idée d’interdire l’accès aux réseaux sociaux n’est pas unanime, l’Estonie s’opposant à de telles mes, tandis que d’autres pays n’ont pas encore pris position. L’instauration de règles uniformes à l’échelle de l’UE pourrait éviter un « méli-mélo de règles nationales » et faciliter l’application des réglementations, étant donné que la régulation des plateformes est déjà largement gérée par Bruxelles.

Quatre mes phares

Pour alimenter cette réflexion, un comité a été mis en place par Ursula von der Leyen, dirigé par l’épidémiologiste française Maria Melchior et l’universitaire allemand Jörg Fegert, expert en psychiatrie de l’enfant. Parmi leurs recommandations figurent :

  • Interdiction de l’accès aux moins de 13 ans aux réseaux sociaux et autres services en ligne, sauf dans des contextes éducatifs ou sous la supervision d’un parent.
  • Accès autorisé aux 13-18 ans sur les plateformes ayant mis en place un système de vérification d’âge efficace et démontrant leur sécurité.
  • Liberté pour les pays de l’UE d’instaurer des interdictions d’accès à l’échelle nationale au-delà de 13 ans.
  • À 18 ans, les utilisateurs atteindraient leur « majorité numérique complète », leur permettant un accès total, mais avec une vérification d’âge pour les contenus pour adultes.

« Les enfants doivent être en sécurité »

Maria Melchior a plaidé pour l’introduction de mes de protection : « Nous sommes convaincus que l’Europe doit introduire des mes de protection pour garantir la sécurité des enfants et des adolescents dans le monde numérique. Nos conclusions sont très claires. Les enfants et les adolescents doivent être en sécurité sur les réseaux sociaux et les autres services numériques qu’ils utilisent, quelle que soit la plateforme. »

Bruxelles a récemment manifesté sa volonté d’exiger des plateformes qu’elles prennent en compte le bien-être physique et mental des utilisateurs. À ce titre, elle a ordonné au groupe Meta de modifier les interfaces d’Instagram et Facebook, jugées trop « addictives », sous peine de sanctions financières.

Source : Nice Matin

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