Ils ne veulent pas de nous : deux amies ghanéennes racontent leur vie dans l’Afrique du Sud xénophobe
Les tensions montent en Afrique du Sud, où des manifestations anti-immigrés se sont intensifiées depuis début avril. Des groupes en colère ciblent les commerces tenus par des étrangers, procédant à des pillages et à des violences physiques. Les agresseurs, brandissant des massues et des fouets, scandent en zoulou « Abahambe », signifiant « il faut qu’ils partent ». Esther Ofosu et son amie Shalom, toutes deux ghanéennes, vivent cette situation dans leur salon de coiffure situé dans le sud de Johannesburg.
Des massues et des fouets
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des manifestants en train de vandaliser des magasins et d’agresser des étrangers. Shalom, qui préfère garder l’anonymat en raison de son statut migratoire précaire, confie : « On ne dort pas la nuit. » Les clientes du salon ont commencé à s’excuser pour leur absence, exprimant leur crainte d’être associées aux deux femmes : « On ne peut plus être vues ici, c’est trop dangereux. S’ils savent qu’on soutient les étrangers, ils s’en prendront à nous aussi. »
Cette atmosphère de peur a conduit Esther et Shalom à envisager leurs options, alors que les jours passent sans que le moindre client ne franchisse la porte de leur salon.
Contexte factuel
L’Afrique du Sud a une longue histoire de tensions xénophobes, exacerbées par des problèmes socio-économiques tels que le chômage élevé et la pauvreté. La situation actuelle semble être alimentée par des discours politiques et médiatiques qui stigmatisent les immigrants, les présentant comme responsables de la crise économique.
Données ou statistiques
Selon des rapports récents, environ 4,5 millions d’immigrés vivent en Afrique du Sud, représentant environ 8% de la population totale. Les immigrants sont souvent perçus comme des concurrents pour les ressources limitées, ce qui alimente les sentiments hostiles.
Conséquence directe
Ces violences et cette xénophobie croissante mettent en péril la sécurité et les moyens de subsistance d’individus comme Esther et Shalom, qui tentent de bâtir une vie dans un pays où ils se sentent de plus en plus menacés.
Source : The Christian Science Monitor.
