Nos deux jambes sont-elles réellement utiles en apesanteur ? Voici la réponse de cet astronaute amputé !
L’astronaute britannique John McFall pourrait devenir la première personne physiquement handicapée à se rendre en orbite. Son parcours atypique soulève des questions sur la nécessité d’avoir deux jambes en apesanteur.
La première personne handicapée physique à vivre en orbite
Médecin et ancien athlète paralympique, John McFall (45 ans) est amputé de la jambe droite au-dessus du genou depuis l’âge de 19 ans, suite à un accident de moto en Thaïlande. Il a remporté une médaille de bronze au 100 mètres (catégorie T42) lors des Jeux paralympiques de Pékin en 2008. Après sa carrière sportive, il devient chirurgien orthopédique pour le NHS britannique.
En 2022, il rejoint le programme « Fly! » de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui évalue la compatibilité des personnes handicapées avec la vie en orbite. L’ESA a confirmé qu’il n’y avait pas d’obstacles médicaux ou techniques à sa mission à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Un communiqué du 2 juin 2026 a annoncé que John McFall pourrait être la première personne handicapée à vivre en orbite, grâce à un accord entre le gouvernement britannique et l’entreprise spatiale américaine Vast, pour un voyage vers la future station commerciale Haven-1.
Des avantages théoriques en matière de santé
Dans une interview avec Live Science, McFall a évoqué les avantages potentiels de son handicap dans l’espace. Bien qu’il n’existe pas de précédents, des études suggèrent des bénéfices théoriques en matière de santé. Par exemple, le syndrome neuro-oculaire associé aux vols spatiaux (SANS) touche entre 70 et 75 % des astronautes. McFall pense que son volume réduit au niveau des membres inférieurs pourrait limiter le déplacement des fluides en microgravité, réduisant ainsi les risques de SANS.
De plus, l’apesanteur entraîne une résorption des os, augmentant le risque de calculs rénaux. McFall, ayant une masse osseuse initiale plus faible, pourrait être moins susceptible à ce risque.
Que dire à propos de la mobilité ?
Les tests de l’ESA indiquent que l’apesanteur pourrait rendre l’utilisation d’une prothèse optionnelle. McFall pourrait se déplacer sans prothèse en apesanteur, mais celle-ci reste essentielle pour la sécurité au décollage et pour les activités sportives.
Il estime que les tâches courantes dans le vaisseau spatial, comme la manutention de fret, ne poseraient pas de problèmes majeurs, tant qu’il est bien attaché pour éviter d’être projeté.
Source : SciencePost, Live Science.