La fusée géante Starship doit pratiquer cette semaine son treizième vol d’essai. Un rendez-vous à l’enjeu énorme pour SpaceX et qui emmènera, pour la première fois, une série de satellites Starlink nouvelle génération.
Mieux vaut tard que jamais : il a fallu douze vols et pas mal d’échecs pour que la fusée Starship embarque enfin dans sa coiffe des vrais satellites. Le lancement aura lieu cette semaine, vraisemblablement jeudi, et le treizième vol se fera pour la première fois en conditions quasi réelles.
SpaceX a annoncé sur son site que le lanceur emporterait une vingtaine de satellites Starlink V3 qui seront déployés sur une trajectoire suborbitale, la même que celle de la fusée qui n’est pas encore capable de réaliser un véritable vol orbital.
Des satellites à la durée de vie très courte
Alors pourquoi envoyer des satellites dans l’espace s’ils sont incapables d’atteindre l’orbite basse ? Les engins vont tenter de se connecter au reste de la constellation Starlink composée de plus de 10 000 de leurs congénères. Mais à peine 20 minutes après leur déploiement, ils vont se désintégrer en rentrant dans l’atmosphère.
Ils connaîtront donc le même destin que les simulateurs de satellites déployés lors des précédents vols du Starship, et qui n’étaient là que pour permettre aux opérations de se déployer de manière réaliste. L’intérêt sera donc assez limité, et destiné avant tout, non pas à la constellation elle-même, mais plutôt au lanceur.
En effet, six de ces satellites ont été modifiés pour intégrer toute une série de caméras. Elles seront utiles pour observer le Starship sous différents angles lors de son vol, afin de repérer d’éventuelles failles dans cette troisième version de la fusée qui volera ici pour la deuxième fois seulement. Une utilité limitée qui pose question, surtout si l’opération repose sur des satellites de nouvelle génération plus chers et plus massifs que les autres, et qui auront un rôle similaire à celui des maquettes.
Prochaine étape, l’orbite ?
Au-delà de ce test, ce treizième vol sera peut-être l’occasion de réussir là où le douzième a échoué. Le problème concernait avant tout le booster dont les moteurs n’avaient pas pu être rallumés pendant le vol comme prévu. Il en était de même sur les moteurs de l’étage supérieur qui n’avaient pas pu servir.
En revanche, comme le douzième vol, aucune récupération des deux parties de la fusée n’est prévue. Elles devraient tout de même se poser en mer en douceur, en espérant ne pas terminer par une immense explosion comme la dernière fois. Pour y faire face, l’entreprise précise avoir revu la séquence de vol pour éviter les soucis des moteurs.
Le bouclier thermique du Starship a également été renforcé, avec toute une série de dispositifs censés le rendre plus solide, mais aussi comprenant des instruments de me pour savoir ce qui se déroule au niveau des matériaux durant le vol.
Quoi qu’il en soit, les plans actuels de l’entreprise prévoient qu’il s’agirait du dernier vol suborbital de la fusée géante, avant de passer au niveau supérieur dès le prochain. La directrice de SpaceX, Gwynne Shotwell, avait expliqué que le quatorzième aurait lieu en orbite si l’entreprise pouvait décrocher l’autorisation de la part des autorités… Et si l’équipe avait suffisamment confiance en ce géant pour tenter cette nouvelle étape. Ce qui implique une réussite cette semaine.
Source : Numerama