Exposition « Si tu traverses l’hiver » d’Adrien Vautier à Arles
L’église Saint-Julien, avec son intérieur baroque, accueille l’exposition « Si tu traverses l’hiver », première du photoreporter Adrien Vautier, dans le cadre du festival Off des Rencontres d’Arles. Cette exposition est le résultat de quatre années passées à documenter la guerre en Ukraine pour le journal Le Monde. Elle présente cinquante images puissantes d’un peuple en souffrance qui refuse de plier.
Adrien Vautier a couvert plusieurs terrains de guerre, notamment en Syrie, en Palestine, en Afghanistan et au Haut-Karabakh. Interrogé sur ce qui rend l’Ukraine singulière, il répond que, bien que chaque territoire ait ses particularités, les crimes de guerre se ressemblent partout.
Cofondateur de Nuit Noire, une maison d’édition dédiée à la photographie d’auteur, il explique que son travail sur l’Ukraine est ancré dans l’actualité d’un conflit en cours. Il précise que ses deux types de travail cohabitent indépendamment, soulignant l’importance de garder une distance entre son rôle de photoreporter et ses projets personnels.
Le montage de l’exposition a été réalisé de manière indépendante, avec l’aide de la scénographe Ariane Kovalevsky et d’amis menuisiers. Vautier a investi ses économies et a reçu un soutien financier de ses proches et de partenaires tels qu’Amnesty International et Reporters sans frontières.
L’exposition vise à éviter la « boucherie gratuite » tout en ne détournant pas le regard, un équilibre complexe que Vautier s’efforce de maintenir. Les images exposées, placées sous les dorures d’un retable baroque, symbolisent un lien profond avec la culture ukrainienne.
Une des photographies marquantes montre Igor Doroshenko pleurant sur le corps de son fils Ilya, victime d’un bombardement. Vautier souligne la dignité des personnes photographiées et l’intensité que la proximité apporte à l’image.
Le titre de l’exposition évoque le drame des Ukrainiens depuis février 2022, leurs luttes semblant interminables, comparables à un hiver qui ne finit pas. La guerre, selon Vautier, a modifié l’accès au front, rendant certaines zones inaccessibles même aux journalistes.
L’attention médiatique se diluant avec le temps, Vautier insiste sur l’importance de transmettre le témoignage ukrainien dans des espaces culturels comme Arles, qui est devenu un centre mondial de la photographie durant l’été.
L’exposition « Si tu traverses l’hiver » est visible à l’Église Saint-Julien jusqu’au 26 juillet 2026, avec une entrée libre.
Source : Blind Magazine
