Quand on commence à faire des efforts, on se fait traquer sur nos moindres contradictions : les influenceurs sur les réseaux sociaux peuvent-ils être écolos ?
Dans un contexte où la crise écologique prend une ampleur grandissante, la question de l’engagement des influenceurs sur les réseaux sociaux se pose avec acuité. Le Déclic Festival, organisé par l’association « On est prêt », a rassemblé une centaine de créateurs de contenu dans la forêt du château de Jambville (Yvelines) pour débattre de leur impact environnemental et explorer des solutions plus responsables.
Parmi les participants, qui ont entre 18 et 35 ans et cumulent des millions de vues sur des sujets variés tels que le maquillage, les voyages ou la cuisine, environ un tiers se dit déjà engagé sur les questions écologiques. Des influenceurs comme Girl Go Green, Ta Mère Nature et Globe Tolter, qui comptent respectivement 169 000, 294 000 et 182 000 abonnés, figurent parmi ceux qui cherchent à concilier influence et écologie.
Cependant, la majorité des créateurs présents semble encore éloignée des enjeux environnementaux. Cette situation soulève des interrogations sur la capacité des influenceurs à véritablement promouvoir des pratiques durables dans un secteur souvent associé à la consommation excessive, comme la fast-fashion.
Le festival a pour ambition de sensibiliser ces jeunes créateurs à leur impact sur l’environnement et de les inciter à adopter des comportements plus responsables, tels que la promotion des voyages en train au lieu des vols long-courriers. L’enjeu est de taille : si des figures populaires comme EnjoyPhoenix ou Squeezie, totalisant près de 15 millions d’abonnés, devenaient des ambassadeurs de la sobriété, cela pourrait avoir un impact significatif sur les comportements de consommation de leurs followers.
Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large, alors que les jeunes générations prennent conscience des enjeux écologiques. Toutefois, la tension entre l’image glamour souvent véhiculée par les influenceurs et les pratiques durables reste palpable.
En conclusion, bien que certains influenceurs s’engagent dans des démarches écologiques, la majorité semble encore en décalage avec les impératifs de durabilité. L’évolution de leur rôle pourrait être déterminante dans la lutte contre la crise écologique.
(Source : Nouvel Observateur)
