Nice : la déroute des falsificateurs

Nice : La déroute des falsificateurs

La ville de Nice s’apprête à rendre hommage aux victimes du deuxième attentat le plus meurtrier jamais commis sur le sol français. Demain, 86 faisceaux lumineux s’élèveront dans le ciel de la capitale azuréenne, un pour chaque vie fauchée le 14 juillet 2016. Il sera 22h34, l’heure à laquelle, il y a dix ans, un camion de 19 tonnes s’engageait sur la promenade des Anglais, peu après le traditionnel feu d’artifice célébrant la fête nationale.

Un attentat contre les faits a immédiatement suivi le massacre. Tandis que les secours prenaient en charge les quelque 450 blessés et dénombraient les corps, les réseaux sociaux bruissaient déjà de prises d’otages imaginaires et de fusillades fantômes. L’auteur de l’attentat, Mohamed Lahouaij-Bouhlel, un chauffeur-livreur de 31 ans de nationalité tunisienne, était abattu par la police le soir même. Dès le lendemain, une vidéo détournée présentait comme le « terroriste capturé vivant » un homme à terre qui était en réalité une victime en cours d’évacuation.

Des questions ont émergé autour de cet événement tragique, alimentant les théories du complot. Pourquoi l’assaillant avait-il laissé ses papiers dans la cabine ? Que penser des impacts de balles sur le pare-brise, jugés tantôt trop propres, tantôt trop nombreux ? Qui était cet « homme en beige » aperçu sur plusieurs vidéos ? À chacune de ces questions, l’instruction et les expertises apportaient des réponses, mais face au déni complotiste, les réponses importaient peu.

Une enquête Ifop a révélé qu’environ un Français sur trois jugeait plausible que les groupes djihadistes « sont en réalité manipulés par les services secrets occidentaux ». Dans ce contexte, des sites comme Panamza, animé par le blogueur Hicham Hamza, ont rapidement alimenté les soupçons, s’attaquant à des figures comme Richard Gutjahr, un journaliste qui avait filmé l’attaque, le qualifiant de « lié à l’appareil d’État israélien ».

Les peines de dix-huit ans de réclusion de Chokri Chafroud et de Mohamed Ghraieb, condamnés pour « association de malfaiteurs terroriste », ont été rendues définitives par la cour de cassation. Des mois d’audience et des milliers de pièces n’ont corroboré aucune conspiration, ni la présence d’un figurant ou l’implication d’un service de renseignement étranger. Dix ans d’investigations n’ont pas laissé subsister une seule des spéculations qui prétendaient réécrire l’attentat de Nice.

Les répercussions de cet attentat continuent de se faire sentir, et la désinformation autour de celui-ci demeure un sujet de préoccupation pour les autorités et les chercheurs.

Source : Conspiracy Watch.

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