Fontainebleau : L’incendie historique témoigne de la montée des risques
13 juillet 2026 à 18h31
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Depuis le dimanche 12 juillet, la forêt de Fontainebleau, un symbole de la biodiversité française, est en proie aux flammes. Plus de 800 hectares de ses 24 000 hectares ont été ravagés. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué la possibilité d’un acte criminel, mais les conditions climatiques et environnementales étaient propices à un incendie de grande ampleur.
L’incendie se concentre sur la forêt des Trois Pignons, principalement peuplée de pins, des résineux particulièrement inflammables. Mélody Devene, référente du Groupement national de surveillance des arbres (GNSA), souligne que le sol sableux et drainant ne retient pas l’eau, aggravant la situation. Les aiguilles de pin, en tombant, deviennent un combustible naturel, acidifiant un sol déjà asséché par trois canicules successives.
Gestion forestière et risques accrus
Selon le GNSA, la gestion de l’Office national des forêts (ONF) a exacerbé le risque d’incendie. L’ONF privilégie la coupe d’arbres feuillus comme les hêtres, qui retiennent l’humidité, au profit des pins qui se développent plus rapidement. Guillaume Peghaire, adjoint au délégué national aux risques naturels à l’ONF, tempère cette critique en affirmant qu’une forêt diversifiée est plus résistante, mais que des conditions extrêmes peuvent entraîner la combustion de toute végétation.
Une tendance inquiétante
Cet incendie à Fontainebleau est qualifié d’« exceptionnel » par Mélody Devene, qui note que c’est la première fois que des Canadair sont mobilisés pour lutter contre les flammes dans cette région. Pauline Vilain-Carlotti, géographe spécialisée dans les risques d’incendie, observe une montée du risque vers le nord de la France depuis 2020. Alors que les incendies touchaient principalement le pourtour méditerranéen, ils s’étendent désormais au Centre, au Nord-Ouest et à l’Est.
Guillaume Peghaire souligne également que la saison des feux, qui était autrefois limitée à la période de fin juin à mi-septembre, commence désormais en mai et s’étend jusqu’à fin octobre. Cette évolution est directement liée au changement climatique, qui favorise des conditions de sécheresse et de chaleur propices à la propagation des incendies.
Préparation insuffisante face à un nouveau danger
Les territoires touchés ne sont pas préparés à faire face à cette nouvelle menace. Pauline Vilain-Carlotti remarque que les services de secours et les politiques publiques n’anticipaient pas des événements de cette ampleur si tôt. Les populations n’ont pas encore eu le temps d’acquérir une culture de prévention contre les incendies.
À l’ONF, des efforts ont été fait pour renforcer les moyens de lutte contre les incendies. Depuis 2022, après les incendies en Gironde, les patrouilles et les capacités de contrôle des obligations de débroussaillement ont été multipliées. Cependant, pour Pauline Vilain-Carlotti, il est essentiel de repenser l’aménagement du territoire pour limiter les interfaces entre habitat et forêt.
Mélody Devene conclut en pointant du doigt l’inaction climatique des gouvernements successifs, qui ne prennent pas les mes suffisantes pour lutter contre le dérèglement climatique.
Source : GNSA, ONF
