Une frontière française va être modifiée pour la première fois depuis près de 400 ans
Les députés vont examiner ce jeudi 16 juillet un projet de loi qui met fin à un ancien contentieux territorial entre la France et les Pays-Bas. Ce texte vise à fixer la frontière entre les deux États sur l’île de Saint-Martin, petite île des Caraïbes.
Saint-Martin, qui a une superficie comparable à celle de Paris, est partagée entre les Pays-Bas et la France. La délimitation de la frontière est restée en suspens depuis 1648, année où les deux puissances coloniales avaient convenu de renvoyer cette question à plus tard, sans jamais la résoudre.
Au fil des siècles, une frontière coutumière s’est établie entre Saint-Martin au nord et Sint-Maarten au sud, sans causer de difficultés majeures pour la population locale, qui circule librement sur l’île. Cependant, des tensions administratives sont apparues dès 1775, notamment autour de l’étang aux Huîtres, une baie dont les Hollandais revendiquaient la totalité.
L’essor du tourisme a exacerbé les différends, notamment dans les années 1980, lorsqu’une entreprise a demandé l’autorisation de construire une marina et un hôtel à proximité des côtes françaises. Les autorités françaises, se basant sur de vieilles cartes, ont déclaré leur incompétence, permettant ainsi aux Néerlandais de délivrer les permis nécessaires.
Les tensions se sont intensifiées avec l’autonomisation de Sint-Maarten en 2010, entraînant des conflits autour de l’autorité sur l’étang aux Huîtres. Des opérations de réquisitions de stupéfiants et des installations non autorisées par les autorités françaises ont exacerbé les tensions entre les deux administrations.
Le passage de l’ouragan Irma en septembre 2017, qui a causé des destructions massives sur l’île, a finalement conduit à des négociations pour résoudre le différend territorial. Un accord a été finalisé en mai 2023, déterminant le tracé de la frontière sur l’ensemble de l’île, coupant l’étang aux Huîtres en deux : une moitié française au nord et une moitié hollandaise au sud.
Ce projet de loi doit être approuvé par le Parlement ce jeudi 16 juillet. Bertrand Bouyx (Horizons), porteur du texte, a souligné l’importance de cet accord pour mettre fin à un différend territorial ancien, en s’appuyant sur le droit maritime international.
Source : LCP
