Un ouvrage de 1554 sur les poissons mis en avant par la FAO
Dans une institution dédiée à l’alimentation et à l’agriculture, un livre sur les poissons du XVIe siècle a récemment retrouvé une visibilité inattendue. La bibliothèque de la FAO a mis en lumière, le 18 juin 2026, l’ouvrage Aquatilium animalium historiae, publié à Rome en 1554 par Ippolito Salviani. Cet ouvrage est présenté par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture comme une pièce majeure de l’histoire de l’ichtyologie moderne, la science des poissons.
La notice de la FAO souligne la méthode d’observation rigoureuse de Salviani, qui aurait examiné personnellement des poissons sur les marchés méditerranéens. Il a également imprimé ses gravures sur cuivre dans sa propre maison, garantissant ainsi à la fois l’exactitude de ses observations et le contrôle artistique de ses illustrations. Ce détail est crucial pour l’histoire du livre scientifique, car l’image y joue un rôle fondamental dans la production de savoir, au-delà de la simple décoration.
Des poissons, des gravures et une bibliothèque climatique
L’ouvrage s’inscrit dans une collection plus vaste. La FAO précise que son fonds de livres rares compte plus de 2000 volumes, incluant des manuscrits, des incunables, ainsi que des livres de botanique et d’horticulture illustrés du XVIe au XIXe siècle. Parmi ces ouvrages figurent également des travaux agricoles chinois et des éditions rares d’auteurs tels que Virgile, Columelle ou Aristote. Le plus ancien livre imprimé conservé par la bibliothèque date de 1478.
Ces documents sont conservés dans une salle dont la température est maintenue à 19 °C avec une humidité relative de 50 %. Ces conditions sont essentielles pour stabiliser les papiers, les encres, les reliures et les gravures. Ce détail technique rappelle que la conservation d’un livre ancien ne dépend pas seulement de son exposition, mais repose principalement sur la gestion du climat, de la lumière et des manipulations.
Avec l’œuvre de Salviani, la FAO met en avant un moment où l’observation naturaliste, l’imprimerie romaine et la gravure savante se rencontrent. Ce traité ne se limite pas à être un livre ancien sur les poissons ; il est un témoin de la manière dont les images imprimées ont transformé la transmission des connaissances scientifiques, bien avant l’ère des bases de données et des catalogues numériques.
Source : FAO.
