Pour un modèle d’adaptation collectif face aux canicules
Le mois de juin 2026 a battu tous les records. Selon Météo France, l’épisode caniculaire installé à partir du 17 juin a dépassé en intensité la canicule de référence d’août 2003. Les 24 et 25 juin ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées dans le pays, et le mercure a franchi les 40 °C à Paris, un seuil atteint une poignée de fois.

Le bilan humain, encore provisoire, s’alourdit à me que les données remontent. Les personnes de 65 ans et plus concentrent 85 % des décès observés, et la progression la plus forte touche les décès à domicile, souvent ceux de personnes âgées et isolées.
Les scientifiques annoncent depuis des décennies que le changement climatique rendrait les canicules plus fréquentes et plus intenses, d’autant que le continent européen se réchauffe plus de deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
Alors que les canicules s’intensifient, la question n’est plus de savoir s’il faut s’adapter, mais comment. Quelle voie l’Europe doit-elle emprunter ? Celle d’un modèle de marché, où chacun se protège selon ses moyens, à l’image des États-Unis, ou celle de dispositifs organisés pour protéger tout le monde ?
Qui souffre de la chaleur ?
Les canicules pèsent d’abord sur la mortalité des personnes âgées, un enjeu majeur pour une France et une Europe vieillissantes. Lorsque les températures nocturnes ne redescendent plus, l’organisme ne dispose plus du répit nécessaire pour récupérer, et ces « nuits tropicales » se sont précisément multipliées au cours de l’épisode de juin.
D’autres facteurs socio-économiques pèsent sur la vulnérabilité, à commencer par le niveau de vie, qui conditionne la capacité à s’adapter. En France, en 2017, 16,5 % des 10 % les plus aisés possédaient un climatiseur, contre 6,9 % des 10 % les plus pauvres. Au coût d’achat s’ajoute celui de l’usage, car la facture énergétique dresse un tableau inquiétant pour les ménages les plus vulnérables.