L’ancrage territorial, pilier du « nouvel esprit d’entreprise »

L’ancrage territorial, pilier du « nouvel esprit d’entreprise »

Dans le rapport Pour un nouvel esprit d’entreprise. Un modèle d’entreprise responsable, ancrée et démocratique pour la France et l’Europe, publié en février dernier par la Fondation, l’« ancrage territorial » est mis en avant comme essentiel pour repositionner les entreprises en tant qu’institutions sociales. Alexeï Tabet, consultant et chercheur à Télomère Conseil, propose quatre pistes pour renforcer cet ancrage.

Le rapport souligne que l’ancrage territorial des entreprises doit être perçu sous un angle politique, visant à faire de l’entreprise un acteur du développement local. Malgré les interdépendances entre stratégies entrepreneuriales et développement territorial, ces dernières restent souvent peu formalisées. Le rapport met en lumière les effets négatifs de la déterritorialisation économique, comme la désindustrialisation et la dépendance accrue aux chaînes de valeur globalisées.

L’un des points clés abordés est la redistribution de la valeur économique. Le rapport propose l’instauration d’un dividende territorial, où les entreprises consacreraient une part de leurs bénéfices au développement de leur territoire. Ce dividende s’inscrit dans une logique de philanthropie territoriale et pourrait être soutenu par des incitations fiscales. De plus, le rapport suggère de diriger systématiquement les achats publics vers des entreprises locales, soulignant que la commande publique représente environ 15 % du PIB en France, un levier sous-utilisé.

Concernant l’intermédiation territoriale, le rapport appelle à renforcer la culture de l’action publique pour favoriser l’intégration des entreprises dans la planification territoriale. Il souligne que les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) ont un rôle crucial à jouer en tant qu’intermédiaires entre les différents acteurs d’un territoire, facilitant la coopération et le développement local.

La démocratie économique est également mise en avant comme un moyen de réancrer le travail dans les territoires. Des exemples, comme celui de la ville de Preston au Royaume-Uni, montrent comment des politiques d’achats publics peuvent soutenir le développement d’entreprises coopératives locales, favorisant ainsi l’implication des habitants dans la gestion économique.

Enfin, le rapport introduit la notion de « responsabilité territoriale des entreprises » (RTE), qui repositionne la responsabilité des entreprises dans un cadre collectif, élargissant ainsi la définition de la valeur créée pour inclure des dimensions sociales et environnementales.

Ces recommandations visent à faire des territoires des lieux de compromis démocratiques, où les entreprises collaborent étroitement avec les collectivités locales pour un développement durable et inclusif.

Source : Rapport Pour un nouvel esprit d’entreprise, Fondation

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