Hydroélectricité : face aux canicules à répétition, la Compagnie Nationale du Rhône planche sur l’adaptation
Quatre ans après la sécheresse historique de 2022, qui avait déjà impacté les débits des cours d’eau, notamment celui du Rhône, les canicules à répétition continuent d’affecter la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), qui gère plusieurs barrages le long du fleuve.
Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a récemment placé l’ensemble des masses d’eau superficielles du département du Rhône et de la métropole de Lyon en situation d’alerte sécheresse, en raison de l’absence de précipitations depuis le début du mois de juin et des épisodes successifs de canicule. Cette alerte a été émise le 8 juillet.
Actuellement, la CNR, qui exploite près de 3 gigawatts d’équipements hydroélectriques, ne se trouve pas, pour l’heure, dans une situation de contrainte pour le fonctionnement de ses installations. En revanche, la production nucléaire subit des ajustements, comme en témoigne l’arrêt temporaire du réacteur n°3 de la centrale du Bugey, qui a été mis hors service jusqu’au 3 juillet en raison de la température de l’eau du Rhône. De plus, la puissance du réacteur n°2 de Saint-Alban a également été adaptée.
Avec la nouvelle vague de chaleur qui touche la France, EDF a confirmé qu’il allait mettre à l’arrêt son réacteur n°3 du Bugey cette nuit, toujours en raison de la température du Rhône.
En ce qui concerne l’hydroélectricité, la situation est différente. Eric Divet, directeur de la ressource en eau de la CNR, souligne que les ouvrages installés le long du Rhône ne fonctionnent pas comme des retenues de stockage, mais turbinent au fil de l’eau, en fonction des apports naturels.
Cette situation soulève des questions sur la durabilité de la production hydroélectrique face aux changements climatiques, alors que la CNR prévoit d’investir 550 millions d’euros dans les dix prochaines années pour s’adapter aux nouvelles conditions hydrologiques.
Source : La Tribune