Gabon : un collectif d’associations dénonce le piratage de comptes WhatsApp et Facebook
Au Gabon, la suspension des réseaux sociaux, mise en place en février dernier, demeure en vigueur. Cinq mois après cette décision, les Gabonais se voient contraints de recourir à des VPN (réseaux privés virtuels) pour accéder à des plateformes comme Facebook, WhatsApp et YouTube. Ce contexte a engendré une recrudescence des piratages de comptes sur ces services. Face à cette situation, un collectif regroupant cinq ONG et associations a organisé une conférence de presse le 11 juillet à Libreville pour dénoncer ces actes de piraterie numérique.
Piter Manfoumbi, collaborateur d’une personnalité gabonaise, est l’une des nombreuses victimes des pirates. Il a récemment subi le détournement de son compte WhatsApp, avec un intrus prenant le contrôle du forum qu’il administre. « Celui qui m’a piraté a écrit à mes contacts, menaçant de mort tous ceux qui lui répondaient mal », a-t-il déclaré.
Le phénomène touche diverses catégories sociales. Selon le collectif, l’usage massif de VPN pour contourner la suspension des réseaux sociaux est à l’origine de ces piratages. Patrice Thérence Mezui, porte-parole du collectif, a précisé : « Les numéros qui piratent ces comptes ne sont pas gabonais. Ce sont des +580, +600 et autres… et c’est à partir de là qu’ils piratent nos comptes ».
Le collectif a entrepris des démarches judiciaires, mais celles-ci se sont révélées infructueuses. « Nous sommes d’abord allés à la Cour constitutionnelle, qui s’est déclarée incompétente. Ensuite, nous avons saisi le tribunal de première instance, qui a également déclaré son incompétence. Le seul recours qui nous reste, c’est le Conseil d’État, et nous attendons ses conclusions », a ajouté Mezui.
Le collectif appelle à la levée immédiate de la suspension des réseaux sociaux, qui pénalise lourdement la population.
Source : RFI
