Titre : Tensions croissantes au détroit d’Ormuz : l’Iran ferme le passage, les États-Unis répliquent par des frappes
L’Iran a annoncé dimanche la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, suite à une nouvelle escalade des hostilités avec les États-Unis. Washington, qui affirme que la voie navigable reste ouverte, a réagi avec environ 140 frappes sur des cibles militaires iraniennes. Cette situation complique davantage la possibilité d’un retour à la table des négociations.
C’est la deuxième série d’affrontements en moins d’une semaine. « Le transit par le détroit d’Ormuz n’est actuellement pas possible », a rapporté Mizan Online, l’agence de l’Autorité judiciaire iranienne. Téhéran a pris cette décision après avoir ouvert le feu sur un navire empruntant ce qu’il qualifie de « route non autorisée ». L’Iran a restreint la navigation à un seul couloir le long de ses côtes, excluant tout retour à la liberté de passage antérieure, une position contestée par les États-Unis.
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial. Sa fermeture a déjà provoqué une flambée des prix du brut au début du conflit. Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême, a déclaré que ce passage était « plus important que des dizaines de bombes atomiques », alors même que l’Iran est accusé de vouloir développer l’arme nucléaire, ce qu’il dément.
Le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) a assuré que le détroit restait « ouvert à tous les navires souhaitant emprunter légalement cette voie maritime internationale », affirmant que ses forces étaient prêtes à garantir la liberté de navigation.
Les frappes américaines ont ciblé des sites de missiles, de drones, des moyens navals et des dépôts de munitions. Des médias iraniens rapportent des explosions dans le sud du pays, notamment à Bandar Abbas et sur l’île de Qeshm, causant des pertes humaines.
En réponse, l’Iran a ciblé plusieurs pays voisins, avec des alertes de sirènes à Bahreïn et des missiles prétendument tirés vers la Jordanie. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué une attaque contre une base aérienne américaine au Qatar, ainsi qu’une frappe rare contre Oman.
Des médiateurs régionaux appellent à la désescalade. L’attaque contre Oman a été fermement condamnée par le sultanat, qui avait récemment accueilli le ministre iranien des Affaires étrangères pour discuter de la gestion du détroit. Les initiatives de négociation se multiplient, alors que le chef de la diplomatie pakistanaise a exhorté les deux parties à faire preuve de retenue.
Ces affrontements découlent d’un accord fragile signé le 17 juin, qui visait à mettre fin à la guerre déclenchée par l’attaque israélo-américaine contre l’Iran en février. L’incident du navire dimanche a déclenché la riposte américaine. Selon l’agence britannique UKMTO, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote a été touché près de la péninsule de Moussandam, provoquant un incendie et l’évacuation de l’équipage.
Source : Mizan Online, Centcom, agences de presse
