La mort y est murmurée, parfois hurlée.
Le procès de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice mis en scène par Thierry Vimal
Auteur de chroniques du procès de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, diffusées en ligne, l’écrivain Thierry Vimal, également père d’une des victimes, a mis en scène une pièce de théâtre intitulée « Prom 14 ». La première représentation a eu lieu le 25 juin 2026.
Le 14 juillet 2016, à 22 h 34, quatre minutes et 17 secondes d’horreur ont marqué la ville de Nice. L’attentat et son procès sont racontés sans filtre par un père endeuillé, mêlant rires et larmes, et plongeant le public dans un tourbillon d’émotions lorsque les victimes prennent la parole.
Sur scène, le comédien Julien Storini évoque le drame : « J’ai pas senti tout de suite que j’étais blessé. Les gens tombaient comme des dominos. ». Les témoignages ne laissent personne de côté, touchant les accusés, leurs proches, les procureurs, ainsi que les policiers et journalistes présents lors des audiences.
Thierry Vimal a passé neuf mois à rédiger cette pièce, qui se veut une catharsis pour les victimes, abordant des thèmes difficiles, y compris la présence de pilleurs sur la promenade des Anglais après l’attentat. « Ils volent sur les corps. », fait écho un extrait poignant.
Julien Storini souligne la complexité des émotions présentes dans la pièce, oscillant entre tendresse et colère. La mise en scène de Jonathan Gensburger vise à maintenir la justesse du propos tout en ne s’interdisant rien. « Ce n’est pas un spectacle comique, ni un hommage au pied du monument aux morts », précise-t-il.
Le 25 juin 2026, à Nice, la première a réuni de nombreuses victimes, qui ont vu leurs souffrances mises en lumière. Pour Cécile Viale, une autre victime présente, « je me sens émue. J’ai l’impression que pour une fois on se reconnaît et cela fait du bien. »
La pièce « Prom 14 » a également été jouée à Paris, soulignant que les victimes de Nice méritent d’être reconnues tout autant que celles du Bataclan. Elle se termine sur le verdict de la cour d’assises, qui a condamné les deux principaux accusés à 18 ans de réclusion. Cependant, pour Thierry Vimal et d’autres, la peine se ressent comme une condamnation à perpétuité.
Source : France 3 Régions
