Et le salaire s’imposa - Force Ouvrière

Le salaire, un enjeu historique à défendre

Apparu au Moyen Âge, le salaire est devenu un élément incontournable de la relation de travail au cours des siècles. Cependant, il est constamment menacé, et les travailleurs, à travers le mouvement syndical, doivent se battre pour le préserver face aux diverses attaques.

Le terme « salaire » dérive du latin « salarium », qui désignait la rétribution en sel versée aux légionnaires. Le mot « salaire » apparaît pour la première fois au XVe siècle, tandis que « salariat » n’est utilisé qu’à partir du début du XIXe siècle. Au Moyen Âge, il existait onze formes de salariat et de sous-salariat, principalement dans le secteur artisanal. La majorité de la population active était composée de paysans, qu’ils soient serfs, libres, métayers ou petits propriétaires, souvent autosuffisants ou rémunérés en nature. Ce n’est qu’avec l’émergence du prolétariat que le concept de salaire a pris son essor. En France, le nombre d’ouvriers est passé de 400 000 en 1789 à 1,2 million en 1848, puis à 3 millions en 1881. En 1830, moins de 50 % de la population active était salariée, tandis qu’en 1936, ce chiffre atteignait 62 %, et 90 % en 2000.

La première officialisation du salaire intervient avec le Code civil napoléonien de 1804, notamment à travers l’article 1710, qui définit le « louage d’ouvrage » comme un contrat par lequel une partie s’engage à réaliser un travail contre un prix convenu. Un code du travail, incluant le contrat de travail, ne sera adopté qu’en 1910, suivi par les conventions collectives en 1919, qui sont essentielles pour la fixation et la protection des salaires.

À l’origine, les ouvriers étaient rémunérés à la pièce ou à l’heure, et souvent payés en liquide. Ce n’est qu’entre 1969 et 1978 que la mensualisation et l’obligation d’ouvrir un compte bancaire pour éviter les paiements en liquide se sont généralisées. Actuellement, dans de nombreux pays, des travailleurs continuent à recevoir leur salaire en espèces à la fin de la journée.

En France, le SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) a été instauré en 1950, et son indexation sur l’inflation a débuté deux ans plus tard. Cependant, l’échelle mobile des salaires a été abrogée en 1982. En 1970, Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre, a modifié le terme G en C pour « croissance », et les ajustements au Smic ont cessé autour de 2006-2007. En 2025, environ 2,2 millions de personnes percevaient le Smic.

Source : L’inFO militante, confédération Générale du Travail Force Ouvrière.

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