L’herbe n’est même plus jaune, elle est blanche : la canicule frappe les éleveurs de la Creuse

Dans la Creuse, la canicule a gravement perturbé la pousse de la végétation, poussant les éleveurs à puiser dans leurs réserves de fourrage destinées à l’hiver. « Plus rien ne pousse dans les prés », déclare Pascal Mareix, éleveur à Mazeirat, près de Guéret. Cette situation a entraîné une crise qualifiée d' »inédite » par les agriculteurs de la région.

Cette année, seulement 930 balles de foin ont été stockées, un chiffre alarmant pour un éleveur qui doit déjà envisager des achats supplémentaires. Mareix, qui élève 90 bovins sur près de 200 hectares, a déjà dépensé 10.000 euros pour compenser le déficit causé par des conditions climatiques imprévisibles. « En novembre-décembre, on a été noyé par la pluie. Et après, ça s’arrête d’un seul coup. Terminé, il n’y a plus d’eau », souligne-t-il. En 2023, il avait récolté du foin jusqu’au 14 juillet, alors qu’en 2020, la récolte s’était terminée un mois plus tard.

Aujourd’hui, il s’inquiète : « L’herbe n’est même plus jaune, elle est blanche ». La canicule a également conduit les agriculteurs à modifier leurs horaires de travail pour éviter les chaleurs extrêmes.

Après quatre mois de déficit pluviométrique, les cours d’eau de la région sont très bas, et la préfecture a déclaré la quasi-totalité du département en état de « crise » hydrologique. Un arrêté a été mis en place pour encadrer l’usage de l’eau, appelant les citoyens et les professionnels à réduire leur consommation.

Dans la ferme de Mazeirat, entre 15.000 et 18.000 litres d’eau sont nécessaires quotidiennement pour le troupeau. Mareix doit maintenant pomper de l’eau dans la rivière Creuse, car son champ avec un ruisseau est à sec. David Ratheau, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), souligne que la dégradation des nappes phréatiques est préoccupante, la situation étant « pire qu’en 2022 ».

Les difficultés rencontrées par le GAEC des Mareix ne sont pas isolées. Les rendements de foin sont en chute libre, avec des baisses allant de 30% à 50% dans certains cas. Alexis Desarménien, conseiller à la chambre d’agriculture de la Creuse, note que les « trous d’été » sont précoces cette année, ce qui alarme les experts.

La chambre d’agriculture conseille de ménager les prairies et d’envisager des solutions temporaires, comme les « parcelles parking » où les animaux peuvent être nourris en attendant la pluie. Mareix se déclare très inquiet pour l’avenir, notant que la sécheresse, autrefois rare, devient une réalité préoccupante pour les générations futures.

Source : BFM TV

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