Fromages, yaourts, crèmes desserts : Anta et Xavier, éleveurs de brebis dans le Jura
C’est à Lajoux (Jura), dans les montagnes au-dessus de Saint-Claude, qu’Anta Sanon et Xavier Roland ont repris une ferme et lancé il y a deux ans la fabrication de tommes, yaourts et autres produits fromagers à partir du lait de leurs brebis. Une installation qu’ils espèrent pérenniser et faire croître.
Actuellement, une trentaine de brebis produisent moins de 30 litres de lait par jour. Anta Sanon collecte chaque goutte pour fabriquer fromages, crèmes desserts et yaourts à boire, principalement vendus en direct à la ferme, à l’écart du village de Lajoux. Le couple a repris la ferme du Sonaillard, qui était auparavant dédiée à l’élevage de vaches montbéliardes, pour produire du comté. Leur objectif était de mener leur production de A à Z.
Anta Sanon a été séduite par les brebis lors de séjours en alpages, après avoir appris à traire des vaches et à s’occuper de chèvres. Bien que ce choix ne fût pas initialement prévu, ils ont eu l’opportunité d’acheter des troupeaux de brebis gestantes de races Lacaune, Thônes et Martod, en pleine épidémie de fièvre catarrhale ovine. Ils envisagent des croisements avec des béliers basco-béarnais.
La traite se déroule très tôt, surtout en été, afin de permettre aux brebis de pâturer avant la montée des températures. Au-delà de 25 degrés, elles ne peuvent plus manger. Le couple vise à doubler son cheptel, atteignant 55 laitières, pour augmenter la production de produits fermiers.
En plus de la vente à la ferme, ils cherchent à développer d’autres débouchés, notamment sur les marchés de Saint-Claude et Divonne, ainsi que dans des biocoops locales. Anta Sanon souligne que cela nécessite des compétences supplémentaires en gestion des prix et en communication avec les clients. Les aides à l’installation de la chambre d’agriculture leur permettent de s’équiper, bien qu’il ne soit pas encore question de dégager un salaire.
En parallèle, le couple élève un enfant de deux ans et restaure une bergerie sur la propriété, avec l’espoir d’y emménager avant l’hiver. Actuellement, ils ne peuvent pas encore se permettre d’élever un chien patou pour protéger le troupeau des loups présents dans le secteur.
Anta Sanon conclut en affirmant qu’ils continuent d’apprendre et d’améliorer leur production. Les clients ont déjà pris goût aux fromages de la ferme du Sonaillard et reviennent régulièrement.
Source : France3 Régions