Vingt-sept ans de réclusion criminelle requis contre Lakhdar Matoug, la défense plaide les « coups mortels »

Vingt-sept ans de réclusion criminelle requis contre Lakhdar Matoug, la défense plaide les « coups mortels »

La cour d’assises de Paris a débuté ses délibérations vendredi 10 juillet sur le cas de Lakhdar Matoug, accusé du meurtre de sa conjointe, Assia B. L’accusation a requis une peine de 27 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense a soutenu que son client n’avait pas eu l’intention de tuer.

Les témoignages présentés au jury ont décrit Assia B. comme une femme surchargée de responsabilités, laissant entendre que la pression financière et familiale pesait lourdement sur Lakhdar Matoug. Ce dernier aurait agi dans un « coup de folie » après avoir découvert que sa femme cachait une somme d’argent importante, alors qu’il luttait pour maintenir leur foyer à flot.

Les avocates de la partie civile ont souligné la dignité d’Assia B. en tant que femme et mère, démontrant que les dynamiques des féminicides restent constantes, et que ce meurtre est un acte de possession. Me Pauline Rongier, avocate de la fédération nationale des victimes de féminicide, a critiqué la tentative de Matoug de se présenter en victime, affirmant que cela reflète une stratégie typique d’un auteur de féminicide.

L’avocate générale a précisé qu’Assia était habillée lorsqu’elle a été tuée, et que Matoug avait agi de manière méthodique, incluant l’achat de matériel pour dissimuler le corps. Elle a contesté l’idée qu’il souhaitait que le corps soit découvert, soulignant que le corps avait été caché jusqu’à ce que des jardiniers le trouvent par hasard.

Concernant les enfants, Me Manuela Lalot, avocate des enfants de Matoug, a décrit la situation comme une « opération de destruction psychologique massive », affirmant que les mensonges de Matoug à leurs égards ont plongé leur vie dans le chaos.

Pour le meurtre de sa conjointe, l’avocate générale a demandé 27 ans de réclusion criminelle et un suivi sociojudiciaire de 8 ans.

La défense, représentée par Me Dominique Beyreuther et Me Gérard Tcholakian, a tenté de prouver que Matoug n’avait pas l’intention de tuer et qu’il n’avait pas cherché à fuir ses responsabilités. Ils ont évoqué le caractère ordinaire de Matoug, soulignant que des hommes comme lui peuvent commettre des actes terribles.

Le verdict de la cour est attendu prochainement.

Source : Actu Juridique.

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