Le comité annuel de l’institution rendra son avis le 26 juillet sur huit châteaux de l’Aude et de l’Ariège, rebaptisés « forteresses royales du Languedoc ».
le 11/07/2026 16:23
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Les célèbres châteaux souvent appelés « cathares » ne porteront bientôt plus cette désignation dans le cadre de leur candidature à l’Unesco. Le Comité du patrimoine mondial se réunira du 19 au 29 juillet à Busan, en Corée du Sud, pour examiner la demande de classement de huit citadelles médiévales situées dans l’Aude et l’Ariège. Ces fortifications ont été renommées « Forteresses royales du Languedoc », une modification qui suscite des réactions contrastées au sein de la région.
Les forteresses de Montségur, Peyrepertuse et Quéribus, qui dominent des pitons rocheux, étaient traditionnellement désignées comme « châteaux cathares », en référence à l’hérésie combattue par l’Église catholique au XIIIe siècle. Toutefois, pour obtenir la reconnaissance de leur valeur exceptionnelle, il a été nécessaire de renoncer à une appellation qui relève davantage de la légende que de l’histoire.
Bien que certains de ces lieux aient servi de refuge à des personnes accusées d’hérésie, ils ont été construits par le roi Louis IX, connu sous le nom de Saint Louis. Après la croisade contre les Albigeois (1209-1229), qui a vu une partie du Languedoc intégrée au domaine royal, le roi de France a ordonné la construction de forteresses à des emplacements stratégiques.
David Maso, de l’Association mission Patrimoine mondial (AMPM), explique : « Entre les années 1240 et 1290, 22 châteaux sont rebâtis à la mode royale, avec l’architecture capétienne« . Il précise que, bien que des communautés cathares aient pu se réfugier à Peyrepertuse et ailleurs, les structures visibles aujourd’hui ont été édifiées postérieurement.
Les forteresses avaient pour but de surveiller une population jugée dissidente et de garder un œil sur le royaume d’Aragon, tout proche. Parmi les 22 forteresses, sept ont été jugées en bon état pour la candidature à l’Unesco, auxquelles s’ajoutent le château et les remparts de Carcassonne, considérés comme un élément central du système défensif établi par Louis IX.
Le terme « cathare » a gagné en popularité dans les années 1960 et 1970, notamment grâce aux mouvements occitanistes, qui ont fait de l’hérésie un symbole de résistance contre le pouvoir central. Ce changement de terminologie a ému de nombreuses personnes, comme l’indique Fabrice Chambon, guide-conférencier à Montségur, où plus de 200 hérétiques ont été brûlés en 1244. Une pétition contre cette requalification a déjà recueilli près de 8 500 signatures, et une mobilisation est prévue à Quéribus le 18 juillet, juste avant la session du comité de l’Unesco.
Le catharisme a également été un moteur touristique, bien que son attrait ait diminué ces dernières années, surtout dans les zones rurales où se trouvent les forteresses. André Doumenc, maire de Cucugnan, a souligné que la fréquentation du site a chuté, passant de 92 000 entrées en 1995 à seulement 50 000 aujourd’hui.
Un classement au patrimoine mondial pourrait non seulement reconnaître la valeur historique de ces forteresses, mais aussi garantir des programmes de conservation à long terme. Ces monuments, exposés aux intempéries, nécessitent un entretien constant.
Source : Franceinfo.
