François Ruffin : « Il est temps de refermer la parenthèse libérale »
Ancien membre de La France insoumise et président du parti Debout, François Ruffin se présente à l’élection présidentielle française. Il a exposé ses priorités économiques et sociales, abordant des sujets tels que le logement, les salaires, la régulation des marchés, la taxation des multinationales, la réindustrialisation et le changement climatique. Ruffin appelle à mettre fin à la phase libérale entamée en 1983 pour replacer l’État au centre des décisions économiques.
Il souligne que la France fait face à une série de crises, notamment les mouvements des gilets jaunes, la pandémie de Covid-19, et la guerre en Ukraine, qui ont créé un environnement économique instable. Dans ce contexte, il plaide pour un État régulateur capable d’encadrer les marchés, rappelant que des mécanismes tels que l’indexation des salaires sur les prix ont été en vigueur jusqu’en 1983.
Ruffin insiste sur la nécessité d’une régulation dans des secteurs essentiels tels que la santé et l’éducation, tout en appelant à exclure le marché de ces domaines. Il critique également le système actuel où les multinationales captent une part importante des bénéfices, laissant peu aux salariés.
Concernant le pouvoir d’achat, il propose de plafonner les loyers dans un pays qu’il considère comme une zone tendue. Il envisage des mes comme des comités d’usagers du logement pour déterminer l’usage des biens immobiliers, un doublement des prêts à taux zéro, et un plan de construction pour les jeunes travailleurs.
Sur la question du travail, Ruffin met en lumière le mal-être au travail, qui ne se limite pas à la rémunération. Il appelle à renforcer la médecine du travail et à restaurer les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Il plaide pour une plus grande démocratie dans les entreprises, afin que les salariés soient mieux associés aux décisions qui les concernent.
En matière de fiscalité, il souligne la nécessité d’une justice fiscale, où les plus riches contribueraient davantage. Ruffin propose également des États généraux de la fiscalité, impliquant une large représentation des acteurs économiques et sociaux.
Concernant le déficit commercial, il évoque un besoin urgent de relocalisation et de réindustrialisation, en insistant sur l’importance de retrouver la souveraineté sur certains produits stratégiques. Il critique le libre-échange, qu’il considère comme un facteur de délocalisation et de perte d’emplois.
Ruffin aborde également les enjeux écologiques, affirmant que la production à l’étranger a un impact sur les écosystèmes, et il plaide pour une meilleure régulation de la production en France. Il appelle à une réflexion collective sur ce que la société souhaite produire et comment.
Enfin, sur l’intelligence artificielle, il défend l’idée que son utilisation doit être encadrée par la démocratie, pour éviter qu’elle ne soit utilisée uniquement au profit d’un petit nombre.
Source : Alternatives Économiques