Déserts médicaux : dans le Tarn, l’espoir renaît enfin avec l’arrivée de jeunes médecins et une inversion historique de la tendance

Déserts médicaux : dans le Tarn, l’espoir renaît avec l’arrivée de jeunes médecins

Après des années de pénurie, des signes encourageants émergent dans plusieurs territoires du Tarn. L’arrivée de nouveaux médecins, la fin progressive du numerus clausus, ainsi que des aides à l’installation et la mobilisation des collectivités commencent à porter leurs fruits, même si les besoins restent importants.

Pendant de nombreuses années, les efforts pour contrer l’augmentation des déserts médicaux n’ont pas suffi. Cependant, dans le Tarn, des résultats positifs commencent à se dessiner. De nouveaux médecins s’installent dans des zones fragiles, signalant un possible retournement de tendance.

Le département a mis en place divers dispositifs, tels que la création de maisons de santé, l’ouverture de centres de santé à Mazamet, Arthès et Lacaune, ainsi que le déploiement d’un médicobus. Ces initiatives visent à rendre le territoire plus attractif pour les praticiens.

« On voit enfin des résultats dans des secteurs particulièrement en difficulté, comme Labastide-Rouairoux, Lacaune ou Saint-Pierre-de-Trivisy », déclare Étienne Moulin, président de l’Ordre des médecins du Tarn. Cette amélioration est en grande partie due à la fin progressive du numerus clausus, permettant d’augmenter le nombre de médecins formés. « Ce mouvement va encore s’amplifier avec les départs à la retraite des générations du baby-boom. »

Le Tarn bénéficie également d’un contexte plus favorable. Face à la hausse du coût de la vie et de l’immobilier dans les grandes métropoles, de jeunes praticiens choisissent de s’installer dans des départements comme le Tarn, où ils trouvent une patientèle significative et des conditions d’installation plus accessibles.

Étienne Moulin prévoit qu’un véritable tournant pourrait se produire d’ici 2034, lorsque le nombre de médecins sera suffisant pour permettre une réelle concurrence entre les territoires pour attirer des praticiens, y compris dans les zones déficitaires.

La mobilisation collective joue également un rôle crucial. « Dans le Tarn, la Région, le Département, les intercommunalités et les communes travaillent dans le même sens. Cette coordination est un vrai facteur d’attractivité », note-t-il.

Les attentes des jeunes médecins ont évolué. Les maisons de santé pluriprofessionnelles, au nombre de 58 dans le département, répondent à leur désir de travailler en équipe et de préserver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. « Je ne connais plus un praticien qui exerce cinq jours par semaine », observe Étienne Moulin, soulignant que les jeunes générations privilégient la qualité de vie.

Une autre évolution notable est que les femmes représentent près de 80 % des nouvelles installations, ce qui souligne l’importance des dispositifs d’accompagnement proposés par l’État et les collectivités.

Bien que le Tarn ne soit pas encore à l’abri de tous ses déserts médicaux, les indicateurs montrent une amélioration progressive après des décennies de dégradation. Une tendance encore fragile, mais qui suscite un nouvel espoir.

Source : La Dépêche

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