Le Tarn n’est pas prêt pour un club gay : l’abandon du Rainbow Club près d’Albi
Le chantier est terminé, mais le projet s’arrête net. Quelques mois après avoir annoncé son ambition de créer le Rainbow Club dans une partie du S-Club de Lombers, Philippe Notario fait marche arrière. Entre confusion autour de l’avenir de son établissement, critiques locales et absence de soutien, le gérant estime que les conditions ne sont aujourd’hui pas réunies pour faire vivre un tel lieu dans le Tarn.
En février dernier, l’annonce avait suscité curiosité et réactions. Alors engagé dans des travaux de mise aux normes, le S-Club de Lombers, plus grand club libertin du Tarn, devait accueillir un nouvel espace baptisé Rainbow Club. L’ambition de Philippe Notario était de créer une discothèque et un lieu de rencontres pour la communauté homosexuelle, tout en maintenant l’activité libertine de l’établissement.
Cependant, quelques mois plus tard, le projet est abandonné. Notario a déclaré que l’annonce de l’ouverture du Rainbow Club a été préjudiciable, car beaucoup ont cru que le S-Club allait fermer, remplacé par un club gay. Cette confusion a pesé sur l’image de l’établissement et sa fréquentation.
Le gérant a également évoqué l’accueil réservé à son initiative. Dans un esprit militant, il s’attendait à des critiques d’hétéros, mais a été surpris de recevoir des réactions virulentes de la part d’associations LGBT locales. Notario a exprimé sa déception face à ce manque de soutien.
Pour lui, cette expérience met en lumière les difficultés à faire émerger un tel établissement dans le Tarn. Il a souligné que le projet prouve que le département n’est pas encore prêt à accueillir ce type de lieu, qu’il ne voyait pas comme un business, mais comme un espace pour une communauté souvent victime d’attaques et de moqueries.
L’abandon du Rainbow Club ne signifie pas que les investissements réalisés l’ont été en vain. Environ 15 000 euros ont été investis pour réaménager les espaces concernés. Sur les 400 m² initialement prévus pour le futur club gay, 150 m² seront réintégrés au S-Club dès la rentrée prochaine. Le reste des locaux demeure disponible pour de nouveaux projets, mais à ce jour, Notario n’a pas encore décidé de leur future utilisation. Ainsi, le Rainbow Club, qui devait répondre à l’absence de lieux dédiés à la communauté LGBT+ dans le Tarn, restera à l’état d’idée.
Un épilogue amer pour son initiateur, qui voyait dans cette ouverture bien davantage qu’une simple diversification de son activité. Le projet se voulait un espace de liberté, de visibilité et de rassemblement, mais n’aura finalement jamais dépassé le stade des travaux.
Source : La Dépêche
