L’ère du forage d’astéroïdes approche, et c’est grâce à SpaceX
Fin mai 2026, le géant SpaceX a déposé son document officiel d’introduction en Bourse (IPO). Les investisseurs ont été surpris de découvrir une mention explicite du minage d’astéroïdes, une ambition habituellement réservée à la science-fiction. Ce choix de l’entreprise, connue pour sa prudence dans les documents financiers, signale un axe stratégique fort.
Jusqu’à présent, le principal obstacle à l’exploitation des ressources spatiales était le coût. Grâce à la réutilisabilité des fusées Falcon 9 et à l’énorme Starship, conçue pour transporter plus de 100 tonnes en orbite, le prix des lancements va considérablement diminuer. Les coûts passent ainsi de 10 000 dollars la livre il y a quinze ans à quelques centaines de dollars à terme.
Des corps célestes riches en eau
Dans son document d’IPO, SpaceX a indiqué vouloir extraire des métaux et des ressources critiques des astéroïdes géocroiseurs pour soutenir les industries spatiales. L’objectif est de créer une économie orbitale, estimée à 11,3 milliards de dollars d’ici à 2035, selon le cabinet Spherical Insights & Consulting. Cette stratégie repose sur l’idée qu’il est illogique de transporter des ressources depuis la Terre, où la gravité rend l’opération coûteuse.
Les astéroïdes, en particulier ceux de type C, sont convoités pour leur richesse en glace et en eau, essentielles pour maintenir la vie et produire du carburant. En extrayant l’eau sur place et en utilisant l’énergie solaire pour l’électrolyse, les mineurs de l’espace pourraient obtenir de l’hydrogène et de l’oxygène liquides, permettant ainsi de ravitailler les vaisseaux d’exploration directement en orbite.
Des startups sont déjà sur le coup
Une nouvelle vague de startups s’est lancée dans cette thématique. Par exemple, AstroForge a lancé sa sonde Odin en 2025 à bord d’une fusée SpaceX, avec pour objectif de photographier l’astéroïde 2022 OB5. Malgré des problèmes de communication, l’entreprise prévoit de tenter un amarrage et un forage d’ici à la fin 2026.
D’autres acteurs comme Karman+ et TransAstra développent également des technologies pour l’extraction de glace et la capture de petits astéroïdes, respectivement. Karman+ a levé 20 millions de dollars pour sa mission de démonstration prévue en 2027, tandis que TransAstra teste un concept de confinement d’astéroïdes.
L’US Space Force veille au grain
Ces ambitions industrielles rencontrent des défis uniques, notamment l’extraction de ressources en microgravité. Les machines doivent s’ancrer solidement ou fonctionner en vol stationnaire, ce qui complique les opérations. L’US Space Force s’intéresse de près à ces startups, considérées comme des pionnières pour les défis technologiques à venir dans l’espace.
Pour repérer des astéroïdes exploitables, ces sociétés devront développer des capteurs et algorithmes capables de détecter des objets très éloignés. Cette compétence est cruciale pour la surveillance de l’espace profond par le Pentagone.
Dans ce contexte, le forage du premier morceau de roche céleste pourrait survenir dans les prochaines années, redéfinissant notre capacité à nous établir durablement dans l’espace.
Source : Presse Citron
