Rebekka Deubner : lettres d'amour à la terre

Une nouvelle iconographie de la lutte

Rebekka Deubner a consacré trois ans à explorer le département, du nord au sud, à travers les saisons et les aléas, en collaboration avec des acteurs locaux. Son objectif est de comprendre les dynamiques de leur activité et leur relation avec la nature, notamment l’impact du dérèglement climatique sur leurs pratiques. Elle observe une harmonie dans la manière dont ces personnes habitent et travaillent le territoire : « Il y a une cohérence entre leur corps et le territoire. Ils ne vont pas modifier le modifier plus que ce qu’ils peuvent avec la force physique qu’ils ont à disposition. »

Deubner adopte un geste photographique qui se transforme en acte d’aide, s’inscrivant dans une démarche politique de préservation de l’environnement. Elle s’intéresse aux empreintes laissées sur le monde et à l’action à mener. « La photo, à cet endroit-là, c’est vraiment quelque chose qui accompagne, qui fait le lien », explique-t-elle.

Une nouvelle iconographie se dessine, caractérisée par la lenteur et des paysages vivants, pris en charge par des mains qui en prennent soin. Une image marquante illustre des mains pleines de terre, ouvertes sur le monde, symbolisant la réciprocité avec la terre. D’autres éléments, tels que des chants militants de la paysannerie, sont également intégrés au projet, notamment lors des Rencontres d’Arles et dans un livre associé. Ces chants, souvent issus de rencontres, comme celle d’une femme rencontrée sur un quai de gare à Orléans, permettent de relier les luttes à travers le territoire, unis par des chorales qui reprennent ces chants dans leurs marches. Ces litanies populaires, dit-elle, « permettent aux luttes de circuler sur le territoire ».

Source principale : Rebekka Deubner

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