Scandales, précarité… Pourquoi les animateurs périscolaires sont si difficiles à recruter en milieu rural
<p class="article__intro">Pour la rentrée 2026, plusieurs mairies de Lorraine sont actuellement en recherche d'animateurs pour asr leur service périscolaire. Les petites villes en milieu rural ont du mal à recruter dans ce secteur secoué par plusieurs scandales et où les contrats restent précaires.</p> <p>Les vacances d'été viennent tout juste de commencer mais les petites communes rurales de Lorraine sont déjà inquiètes pour la rentrée. Beaucoup ont du mal à recruter des animateurs périscolaires. "Actuellement, nous avons 20 à 25 enfants sur liste d'attente pour le périscolaire du midi faute d'animateurs", déplore Victorien Nicolas, maire de Verny (Moselle). Pour la rentrée, la commune a besoin de trois animateurs pour asr le service de la pause méridienne, en plus de la dizaine déjà recrutée.</p> <p>"C'est un problème structurel qui dure depuis plusieurs années", estime le maire qui souhaite alerter les parlementaires de son département afin que cet enjeu soit traité à l'Assemblée nationale. Ces difficultés de recrutement s'expliquent notamment par la précarité des contrats proposés : du temps partiel, peu rémunéré avec des heures très dispersées. "Souvent, c'est un travail fait par des étudiants, mais nous ne sommes pas une grande ville universitaire", ajoute Victorien Nicolas. Pourtant, le périscolaire est un besoin indéniable, explique le maire de Verny, "notre commune est dynamique, beaucoup de familles s'y installent".</p> <p>Située à seulement douze kilomètres au sud de Metz, la ville subit le manque de transport en commun. "Une personne a postulé, mais comme elle n'a pas le permis de conduire, elle a décliné l'offre", raconte Christophe Konopczynski, directeur adjoint de l'association Familles rurales chargée du périscolaire dans plusieurs villes de Moselle. "C'est un problème qui ne concerne pas que Verny, récemment Pournoy-la-Grasse a également publié une annonce", ajoute-t-il.</p> <p>La ville de Verny a donc lancé un plan d'action afin de recruter ces animateurs manquants. Les enseignants à la retraite sont notamment sollicités. Le brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (Bafa), qui coûte entre 550 et 1 000 euros, peut également être pris en charge.</p> <p>"On propose aussi une complémentarité aux ATSEM", explique Marie Jean, adjointe au maire de Verny. En ajoutant des missions de périscolaire aux agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles qui travaillent environ 24 heures par semaine, cela leur permet d'avoir un contrat à temps plein.</p> <p>Le scandale du périscolaire à Paris a mis en lumière les contraintes de ce métier qui demande de vraies qualifications, pour une très faible rémunération. "Et derrière ce sont les enfants et leurs parents qui en pâtissent", explique Victorien Nicolas.</p> <p>Un constat que ne peut qu'approuver Fanny Robillot, adjointe au maire d'Eulmont. "À chaque fois qu'on a un animateur ou une animatrice qui part, c'est difficile de recruter", témoigne-t-elle. "C'est un métier pas reconnu comme tel et on ne peut pas faire toute sa vie avec un si petit salaire." Elle souligne que le terme "périscolaire" est souvent considéré comme secondaire par rapport à l'école.</p> <p>Le village a donc tenu à être proche et à l'écoute de ses équipes d'animateurs. Une heure de préparation rémunérée chaque jour a été ajoutée au contrat, afin de permettre de vraies demi-journées de travail. "On a vraiment envie de donner de la valeur à ce métier", confie Fanny Rubillot. Des heures de ménage peuvent également être proposées à la demande des animateurs, "on est obligé parfois de compléter pour pouvoir les payer décemment".</p> <p>L'adjointe au maire souligne également que la Caisse d'allocations familiales (CAF) fournit des aides financières en fonction du nombre d'enfants accueillis. Ces aides, essentielles pour les centres de périscolaire, peuvent être retirées si le nombre d'animateurs n'est pas suffisant. Chaque centre doit avoir un animateur pour 10 élèves de maternelle et un pour 14 élèves de primaire.</p>
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