Les dirigeants de TPE en petite forme
La conjoncture économique actuelle reste marquée par une dégradation persistante, avec des carnets de commandes en baisse, un recul de l’emploi et une diminution de l’investissement. Selon le dernier baromètre semestriel des TPE PME de Bpifrance Le Lab, les faillites se multiplient, avec 36 636 procédures collectives enregistrées au premier semestre, ce qui représente une augmentation de 4,1 % par rapport à l’année précédente, comme l’indique le Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires.
Vacances courtes et moral en berne
Le baromètre de conjoncture Fiducial/Ifop révèle que les dirigeants de très petites entreprises (TPE) s’apprêtent à prendre des vacances sans sérénité. Une enquête menée en juin auprès d’un millier de dirigeants de TPE de moins de 20 salariés montre qu’ils demeurent inquiets et actifs, anticipant une rentrée difficile après des congés de courte durée, évalués à 10,9 jours en moyenne. À leur retour, 45 % d’entre eux se concentreront sur la préservation de la trésorerie, 42 % sur l’anticipation de la facturation électronique et 40 % sur la relance de l’activité commerciale. Près d’un quart des dirigeants s’interrogent sur l’avenir de leur entreprise, tandis que seulement 6 % se préoccupent du recrutement.
Revendications au gouvernement
À l’approche des élections présidentielles, les dirigeants de TPE formulent des demandes claires au gouvernement. Parmi celles-ci, 61 % réclament une baisse des charges sur les entreprises, 35 % souhaitent une simplification des démarches administratives, et 23 % demandent un allègement du coût du travail pour faciliter le recrutement. D’autres revendications incluent une aide face à la hausse des prix de l’énergie (22 %), des mes pour faciliter la transmission des entreprises (16 %) et un soutien à l’apprentissage et à la formation professionnelle (15 %). Seulement 17 % des dirigeants font confiance au gouvernement actuel, une légère hausse par rapport au début de l’année.
Optimisme paradoxal
Malgré cette situation morose, l’optimisme concernant le climat des affaires a augmenté de 9 points par rapport au premier trimestre 2026, atteignant 26 %, un niveau non observé depuis le deuxième trimestre 2024. L’optimisme des dirigeants pour leur propre activité a également bondi de 14 points, atteignant 54 %. Toutefois, cet optimisme varie selon les secteurs : le BTP et l’hôtellerie affichent une confiance accrue, tandis que l’industrie et les services aux entreprises restent pessimistes. Le nombre de dirigeants rencontrant des difficultés financières a diminué, atteignant 33 %, soit le deuxième score le plus bas observé depuis le début de la me en 2023.
Source : Bpifrance Le Lab, Fiducial/Ifop, Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires.