Ebola : dans le camp de Kigonze, la détresse des déplacés

Ebola : Dans le camp de Kigonze, la détresse des déplacés

L’épidémie de maladie à virus Ebola, officiellement déclarée le 15 mai en République démocratique du Congo (RDC), se propage plus rapidement qu’aucune autre auparavant, selon l’Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine. À la date du 7 juillet, l’Organisation mondiale de la Santé a recensé 600 décès parmi 1.759 cas confirmés en RDC depuis le début de l’épidémie.

À Kigonze, l’accès à l’eau devient un combat quotidien

À Bunia, dans le camp de Kigonze, les conditions de vie des déplacés se détériorent de jour en jour. Plus de 20 000 personnes vivent dans la précarité, exposées aux maladies hydriques et à l’épidémie d’Ebola qui frappe l’Ituri depuis près de deux mois. Le manque d’eau, des toilettes bouchées et l’absence d’assistance humanitaire aggravent la situation.

Au robinet principal du site, une longue file d’attente s’est formée. L’eau ne coule que trois heures par jour, de 13 h à 15 h, et la majorité des quelque 300 toilettes du site sont en mauvais état. D’zirava Lety, une déplacée, décrit des conditions de vie devenues insoutenables : « Nous n’avons qu’un seul robinet pour tout le site. Il n’y a plus de toilettes. Les enfants font leurs besoins n’importe où. Et il n’y a plus d’assistance en nourriture depuis des années. Les gens ne veulent plus s’approcher de nous et disent que nous portons la maladie. »

Ebola, malaria et typhoïde : le cumul des menaces

Selon le gestionnaire du site, plus de 50 personnes sont décédées ici depuis mai, avec des jours atteignant jusqu’à six décès. Dhekana Tsedha Aimé, un autre déplacé, souligne que la malaria et la fièvre typhoïde aggravent la situation : « La malaria, la typhoïde et Ebola s’ajoutent. Voilà les maladies qui nous exterminent ici. Il n’y a plus d’hygiène non plus. »

Un camp oublié des humanitaires

Le site de Kigonze, qui accueille principalement des personnes déplacées de Djugu en raison de l’insécurité persistante depuis décembre 2017, n’a reçu aucune assistance humanitaire depuis plus de deux ans. Bavi Karba Olivier, porte-parole des déplacés de l’Ituri, appelle à une prise en compte des problèmes : « Ce site est comme abandonné par le gouvernement et les humanitaires. Même si Ebola part, il y aura toujours des problèmes tant qu’ils ne sont pas pris en charge. »

Des mes sanitaires encore insuffisantes

Sur le plan sanitaire, 18 cas d’Ebola ont été notifiés sur le site de Kigonze, avec 12 patients actuellement hospitalisés. Cependant, ces chiffres pourraient être sous-estimés en raison des prélèvements tardifs. Un centre de traitement est en construction et des dispositifs de lavage des mains ont été installés à l’entrée du camp.

Source : Organisation mondiale de la Santé, Africa CDC

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