Afrique du Sud : les victimes de violences xénophobes « sont terrifiées et souffrent de traumatismes sévères »
En Afrique du Sud, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé une intervention médicale d’urgence pour soutenir les personnes migrantes victimes de violences xénophobes et d’intimidations.
Des ressortissants du Zimbabwe, du Malawi et du Mozambique se dirigent vers le nord de l’Afrique du Sud dans l’espoir de franchir la frontière avec le Zimbabwe. Claire Waterhouse, coordinatrice des urgences pour les migrants chez MSF en Afrique du Sud, a récemment visité un site de rassemblement à Musina, où les personnes migrantes expriment une seule préoccupation : quitter le pays.
« Ces personnes sont terrifiées et souffrent de traumatismes sévères. Nous sommes très inquiets car beaucoup n’ont pas accès aux soins de santé, une situation particulièrement préoccupante pour les femmes enceintes et les très jeunes enfants. C’est l’hiver en Afrique du Sud. Il fait donc très froid pour ceux qui sont dehors sans abri adéquat », a déclaré Waterhouse.
L’ONG s’inquiète également pour ceux qui nécessitent un suivi médical. « Nous sommes préoccupés par le sort des personnes qui n’ont plus accès à leurs traitements pour des maladies chroniques comme le VIH, le diabète ou l’hypertension. Beaucoup n’osent plus se rendre dans les centres de santé, parfois depuis plusieurs mois. Nous dispensons autant de soins que possible durant le court laps de temps où nous pouvons les voir, car beaucoup repartent rapidement », a-t-elle ajouté.
Il est difficile d’évaluer le nombre total de personnes ayant franchi la frontière, mais il est estimé qu’elles se comptent en dizaines de milliers. Des mouvements de population importants sont observés, avec des personnes arrivant du Cap, de Durban, de Pietermaritzburg et d’autres régions, pour remonter vers Johannesburg et Pretoria, avant de gagner la frontière à Musina.
Source : RFI
