Les réservistes de Nice désormais formés aux armes de force intermédiaire
Au commissariat de Saint-Augustin, une dizaine de réservistes de la police nationale ont terminé leur quatrième et dernière semaine de formation. Cette formation inclut désormais l’entraînement aux armes de force intermédiaire, une me mise en place dans un contexte où la police fait face à un manque d’effectifs et cherche à renforcer sa proximité avec la population.
À 14h30, dans le gymnase du commissariat de Saint-Augustin, les réservistes s’engagent dans une séance de maniement du bâton, de techniques de défense au sol et de plaquages. Répartis en binômes, ils alternent exercices courts avec des pauses de deux minutes.
Parmi les axes d’entraînement, on trouve des ateliers réflexes où les réservistes subissent des simulations d’attaques au bâton, notamment le geste dit “de haut en bas”, pour apprendre à se couvrir avant de riposter. Le major Stéphan souligne que l’objectif est de considérer cette arme comme une protection, et non un handicap. Il précise que le réflexe naturel des débutants est souvent de vouloir frapper, alors qu’il est crucial de se protéger d’abord avant de maîtriser l’individu.
Un autre axe d’entraînement se concentre sur le sol. Allongés et parfois surpris par un « assaillant », les réservistes apprennent à se dégager et à reprendre l’initiative, d’abord à mains nues, puis avec le bâton. Le major rappelle que le but de tout policier est de « rentrer ce soir à la maison ».
À l’issue de la formation, une évaluation pratique détermine qui sera habilité, avec trois assaillants, dont un armé d’un couteau factice. Concernant la rémunération, les deux premières semaines de formation ne sont pas payées, mais à partir de la troisième semaine, les réservistes commencent à être rémunérés.
Une réserve appelée à tripler d’ici 2030
Frédéric Pizzini, directeur interdépartemental de la police nationale des Alpes-Maritimes, indique que la réserve opérationnelle a un avenir prometteur. Actuellement, la police compte environ 12 000 réservistes, et le ministère de l’Intérieur vise à porter ce chiffre à 40 000 d’ici 2030. Dans le département, la Direction Interdépartementale de la Police Nationale (DIPN) compte actuellement 330 réservistes, dont 150 civils.
L’objectif est de permettre aux citoyens de répondre à leur volonté d’engagement citoyen. Pizzini souligne que cela permet aussi de compléter les dispositifs sur la voie publique, aux frontières ou en investigation. Avoir un réserviste supplémentaire permettrait de former un équipage de police secours additionnel, améliorant ainsi la réponse aux attentes de la population.
Sur le terrain, les réservistes assistent les équipages pour la police secours, la prévention et le contrôle transfrontalier, même s’ils ne peuvent pas encore participer au maintien de l’ordre. Un enjeu important reste l’intégration de ces réservistes vis-à-vis des personnels actifs, qui sont parfois réticents à leur formation.
Une formation complétée par un entraînement aux armes intermédiaires
Le parcours de formation dure quatre semaines, dont deux à l’académie de police pour des cours sur le droit et le cadre légal, suivies d’un examen final d’habilitation à l’arme individuelle. Les deux autres semaines sont consacrées aux techniques d’intervention. Avec une nouvelle doctrine publiée début 2026, les réservistes peuvent désormais être habilités aux armes de force intermédiaire, une première dont les Alpes-Maritimes se sont saisies.
Frédéric Pizzini admet qu’il est déjà difficile de former tous les agents actifs, mais souligne l’importance d’inclure les réservistes dans cette formation. Cette décision vise également à améliorer la sécurité des réservistes, qui sont armés dès leur intégration. Avant, un réserviste sur le terrain n’avait pas d’échelon intermédiaire en cas d’usage de la force. Les équiper d’une gazeuse ou d’un bâton est considéré comme préférable à un recours à l’arme à feu.
Laurence Constantin, de l’intérim à la réserve de la police
Parmi les réservistes se trouve Laurence Constantin, assistante administrative dans une agence d’intérim. Son engagement a été motivé par une expérience en tant que jurée aux assises. Elle réussit à concilier vie professionnelle, vie de famille et entraînements de réserviste. Elle exprime son sentiment d’utilité et sa volonté d’être plus proche de la population. Cette expérience l’a également poussée à passer le concours de policière municipale.
Source : NicePremium
