Didier Daeninckx : « Je suis toujours en résistance »
Dans son dernier ouvrage, Les Maisons Parachutées, Didier Daeninckx plonge le lecteur dans l’atmosphère des années 1950, une période marquée par des règlements de compte d’après-guerre. Ce roman noir ne se contente pas de narrer une intrigue criminelle, il rend également hommage aux résistants de toutes les époques.
L’écrivain évoque 1952 comme une année charnière, marquée par le passage de l’obscurité de la guerre à l’émergence des Trente Glorieuses. « On abandonne le noir de la guerre et c’est la porte d’entrée des Trente glorieuses. On recommence à avoir le droit de s’amuser », confie-t-il à franceinfo. Ce moment est aussi significatif sur le plan personnel, car c’est l’année où son grand-père communiste subit des purges au sein du Parti, tout comme le résistant Charles Tillon.
Daeninckx aborde également ses combats politiques, affirmant être « toujours en résistance ». Il critique les dérives au sein de la gauche, où il dénonce la montée de l’antisémitisme, et s’oppose à l’extrême droite, ayant récemment boycotté un salon du livre à Montargis, dirigé par un élu du Rassemblement National. L’écrivain rappelle un incident marquant : « Il y a quelques années, mes livres ont été retirés de bibliothèques de villes dirigées par le FN. Dans l’un d’entre eux, Nazis dans le métro, on a même enlevé des pages à la lame de rasoir. Quand on vous traite à la lame de rasoir, vous ne tendez pas la main. Je ne suis pas masochiste. »
Les Maisons parachutées est publié aux éditions Gallimard.
(Source : franceinfo)
