Sensibilité animale : travaillons à ôter nos œillères
À La Rochelle, Cheops, un jeune chat, a trouvé sa place au sein du commissariat de la ville, notamment dans la brigade de protection de la famille. Lorsqu’un enfant est amené à parler des violences qu’il a subies, Cheops est présent pour apaiser les tensions. Bien que n’étant pas un thérapeute, sa présence rassurante facilite les échanges.
Cheops, âgé de trois mois à son arrivée, s’est rapidement adapté à son rôle. Selon l’officier Jean-Michel, il sait instinctivement quand un enfant a besoin de lui. Contrairement à d’autres chats qui pourraient fuir, il reste dans la pièce pour offrir son soutien.
Pour les enfants, adolescents et adultes qui interagissent avec lui, les bénéfices sont clairs. La biophilie, ce lien émotionnel que les humains entretiennent avec la nature et d’autres espèces, pourrait expliquer cet apaisement. La présence d’un animal calme peut réduire le stress en diminuant le cortisol et en augmentant l’ocytocine, souvent appelée « molécule de l’attachement ».
Cependant, la sensibilité des animaux reste un domaine encore peu exploré. L’article L214 du Code rural et de la pêche maritime, inscrit le 10 juillet 1976, stipule que « les animaux sont doués de sensibilité » et doivent être traités dans le respect de leurs besoins biologiques. Malgré cette avancée législative, des efforts restent nécessaires pour garantir son application.
Des chercheurs comme David Bertrand soulignent les préjugés qui persistent dans notre perception des animaux. Les idées reçues, telles que l’individualisme des chats, sont remises en question. Cheops, par exemple, incarne une sociabilité qui contredit cette vision. Bertrand évoque également la tendance à interpréter le comportement animal à travers une lentille anthropocentrique, limitant ainsi notre compréhension de leurs émotions.
Pour progresser dans ce domaine, il est crucial d’éliminer ces préjugés et de reconnaître les logiques propres aux animaux. La chercheuse Vinciane Despret propose d’ouvrir notre regard sur la manière dont les animaux communiquent et interagissent, suggérant que nous devons apprendre à lire leurs « écritures » non humaines.
En somme, la relation entre les humains et les animaux mérite une attention renouvelée, afin d’améliorer non seulement notre compréhension d’eux mais également de nous-mêmes.
Source : France Culture, podcast « L’effet chat ».
