Dans la lumière de Bonnard : Maïlys Seydoux-Dumas transforme le papier froissé en forêts de couleurs
Chez Maïlys Seydoux-Dumas, le papier froissé, torturé, puis peint à l’huile devient un paysage vivant, révélant une beauté pure, oscillant entre éphémère et éternité. L’artiste, à l’instar de certains créateurs japonais, façonne son propre papier en le mouillant, le froissant et le triturant avant de le peindre. Cette technique confère à ses œuvres une apparence mouvante, transformant ce qui, de loin, semble être une toile surchargée de couleurs en un paysage complexe de forêts et de clairières, alternant matité et brillance.
La peinture à l’huile s’intègre dans les sillons du papier, accentuant les pulsations et les collisions. L’œuvre invite à une immersion dans une matière-peinture multicolore, dont les reflets offrent une vision légèrement floutée. Contrairement à Pierre Bonnard, dont les évocations végétales sont souvent cadrées, Seydoux-Dumas explore la peinture après une formation en gravure, influencée par les mots du poète Jean Tardieu et l’amitié du sculpteur Haïm Kern.
L’artiste, qualifiée d’alchimiste, transforme tout ce qu’elle touche en or, créant des bijoux joyeux et précieux, ainsi que des tapisseries. Ses tableaux incarnent une beauté pure de la sensation, offrant une définition contemporaine de la peinture.
Maïlys Seydoux-Dumas, née en 1967 à Saumur, a obtenu son diplôme en image imprimée et gravure en 1993 à l’École nationale des arts décoratifs de Paris. Elle a exposé à plusieurs reprises, notamment en 2023 à la galerie MiniMasterpiece à Paris et en 2024 au musée Michel Ciry à Varengeville-sur-Mer.
Source : Connaissance des Arts
