Mauritanie: grâce présidentielle pour deux députées abolitionnistes condamnées pour des critiques du président

Gracieuses par le président, deux députées abolitionnistes en Mauritanie

Le 9 juillet 2026, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a accordé une grâce présidentielle à deux députées abolitionnistes, Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem. Ces dernières avaient été condamnées en mai à quatre ans de prison pour avoir critiqué le chef de l’État sur les réseaux sociaux, notamment en l’accusant de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves.

Le procès des deux élues, membres du parti Sawab et du mouvement IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste), s’est tenu sous haute sécurité à Nouakchott, sans levée de leur immunité parlementaire. Elles avaient été reconnues coupables d’atteinte aux symboles de l’État, de diffamation et d’incitation à la violence. En plus de la peine de prison, la justice avait ordonné la suppression de leurs contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne.

Le mouvement abolitionniste a réagi à cette grâce en la qualifiant de « farce présidentielle », soulignant que les deux femmes, bien que libérées, ont perdu leur qualité de députées et que cinq autres militants du mouvement restent en détention. Youssouph Kamara, un cadre du mouvement, a dénoncé cette situation comme une nouvelle atteinte à la démocratie en Mauritanie.

Source : RFI

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