« On lui parlait, son regard était vide » : Le récit glaçant des soignants et des rescapés de l’attentat de Nice
Le soir de l’attentat du 14 juillet 2016, la fondation Lenval à Nice est devenue un lieu de désespoir et de douleur, se transformant en hôpital d’urgence face à la tragédie qui se déroulait sur la promenade des Anglais. Dix ans après, soignants et victimes reviennent sur cette nuit cauchemardesque.
L’attentat, orchestré par un terroriste, a causé la mort de 86 personnes, dont une dizaine d’enfants, et a blessé 458 autres. Parmi les rescapés, Landy, alors âgée de 5 ans, ne garde que de vagues souvenirs d’une soirée qui devait être festive. Sa mère, Lalatiana Rambeloson, se souvient de l’horreur : « On voyait qu’elle était mal, elle était assise, elle ne disait plus rien. On lui parlait, son regard était vide. »
À l’hôpital, les pompiers ont rapidement évalué la situation : « C’était une urgence vitale pour Landy, car elle avait subi un enfoncement du crâne et des jambes. »
Lorsque Landy s’est réveillée, elle n’a vu que du noir. « Je ne comprenais pas ce que je faisais ici. Le plus dur, c’était de ne pas voir mes parents, » raconte-t-elle aujourd’hui, adolescente.
Son père était hospitalisé à l’hôpital Pasteur de Nice, tandis qu’un de ses frères était également blessé. Leur mère, en état de choc, a mis du temps à se remettre. Elle a observé le dévouement du personnel médical : « On voyait la fatigue et la tristesse des soignants. Ils étaient débordés, mais ils faisaient tout avec amour pour les enfants. »
Nadège Carletti, infirmière aux urgences de Lenval ce soir-là, se souvient de l’afflux massif de blessés. « Avant même l’arrivée des secours, des dizaines de blessés arrivaient, transportés dans des voitures, » explique-t-elle. L’hôpital a accueilli 44 blessés en moins de deux heures.
Les récits des soignants révèlent également la détresse des familles. Un père, ayant perdu sa femme, cherchait désespérément sa fille : « Je viens de perdre ma femme sur la promenade des Anglais et on m’a dit que ma petite Kayla était chez vous. » Nadège, ne sachant comment lui annoncer la tragédie, a pris son bébé dans ses bras pour le réconforter.
Les conséquences de cette nuit tragique sont encore ressenties aujourd’hui. Au fil des ans, près de 700 enfants ont été pris en charge par des pédopsychiatres à la suite de cet événement traumatique.
L’attentat de Nice reste gravé dans les mémoires, tant pour les victimes que pour les soignants qui ont fait face à l’horreur.
Source : France 3 Régions.
