La souffrance psychique, une maladie professionnelle ? Non, selon le Sénat qui enterre un rapport sur le burn-out
Une mission sénatoriale sur la souffrance psychique au travail a récemment été rejetée au Sénat, en raison d’un manque de consensus sur ses conclusions. L’auteure du rapport, la sénatrice Annick Girardin, a critiqué, le 10 juillet, l’attitude de la droite, qu’elle considère responsable de cet échec.
Le rapport, qui visait à faire des recommandations pour lutter contre un phénomène en forte augmentation, a été rejeté par la majorité sénatoriale, composée de membres de la droite et de centristes. Ce rejet est relativement rare dans cette chambre, ce qui a poussé le groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) à exprimer son regret face à cette « mise à l’écart ».
Préconisations très orientées
Le projet de rapport proposait de confier à une conférence d’experts l’élaboration d’une définition harmonisée de l’épuisement professionnel, d’intégrer l’écoute des travailleurs dans les principes de prévention du code du travail, et de renforcer l’accompagnement des employeurs par des actions de prévention. Cependant, un désaccord majeur a émergé concernant l’intégration de la souffrance psychique au travail dans le tableau des maladies professionnelles.
La sénatrice Les Républicains Pascale Gruny a justifié l’opposition de son groupe en affirmant qu’il faudrait une définition juridique solide et des critères clairs pour une telle intégration. Elle a également souligné que les personnes en état d’épuisement professionnel sont déjà prises en compte dans le droit existant.
Un plan de lutte contre l’absentéisme au travail
Ce rapport aurait pu alimenter les débats budgétaires à venir, alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré que les arrêts maladie seraient « la mère des batailles ». En avril, le gouvernement a présenté un plan de lutte contre l’absentéisme au travail, promettant des « kits clés en main » pour aider les entreprises à veiller à la santé mentale de leurs employés.
Les indemnités journalières versées par l’Assurance maladie ont atteint leur plus haut niveau en 2025, avec 12,1 milliards d’euros pour les seuls arrêts de travail, en plus de 5,8 milliards pour les indemnités liées aux accidents du travail ou maladies professionnelles. Les arrêts de travail de longue durée, bien que moins fréquents, représentent un coût significatif pour la Sécurité sociale, estimé à environ 9 milliards d’euros en 2024.
Source : AFP
