Violences dans le périscolaire : il y a urgence
C’est un scandale qui s’inscrit dans la continuité des révélations sur les violences systémiques touchant les enfants scolarisés. Depuis un an, des dizaines de plaintes ont été déposées contre des animateurs du périscolaire parisien, accusés d’agressions éducatives et sexuelles. Actuellement, des enquêtes pour violences sont ouvertes dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches de la capitale.
Ces violences institutionnelles, bien que présentes sur tout le territoire, ont particulièrement prospéré à Paris. Cela fait suite à la réforme des rythmes scolaires de 2013, qui a introduit les « temps d’activités périscolaires ». Cette réforme a conduit à l’embauche rapide et massive d’équipes d’animateurs, souvent peu formés et dont les antécédents judiciaires n’ont pas toujours été correctement vérifiés.
Une parole qui commence à être écoutée
Des signalements remontent à plusieurs années, mais la parole des jeunes enfants est désormais mieux entendue. Il est également crucial d’écouter les parents qui relaient ces préoccupations. En parallèle, la majorité des animateurs, en grève depuis plusieurs jours, expriment leurs craintes face à la confusion et à la stigmatisation qui pourraient en découler. Ils s’inquiètent de ne plus pouvoir travailler sereinement avec les familles.
Il y a un mois, la Commission sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé la création d’un « vade-mecum national » ainsi qu’un « circuit unique de signalement ». Cette démarche nécessiterait des ressources et une collaboration étroite entre l’éducation nationale et les municipalités. L’enjeu est de taille : plus de deux millions d’enfants sont régulièrement accueillis dans le périscolaire.
Source : La Croix
