Ils pensent avoir une certaine impunité : Monsieur Fox, le traqueur de pédophiles sur Internet
Sous le pseudonyme de Monsieur Fox, un habitant de Roubaix s’illustre depuis quatre ans par sa lutte contre la pédophilie sur Internet. Chaque jour, il signale à la justice un ou deux suspects, s’engageant ainsi dans une bataille citoyenne contre ceux qui exploitent les jeunes derrière leurs écrans.
Florian, à peine une minute suffit pour qu’il crée un faux profil sur Snapchat, une application prisée par les adolescents. Ce compte, baptisé Zoé, représente une fillette imaginaire de 12 ans. En cinq mois, ce profil a reçu 13 000 demandes d’ajout, dont 8 000 émanant d’hommes majeurs, qui n’hésitent pas à engager des discussions inappropriées. Plusieurs dizaines d’entre eux ont même envoyé des contenus à connotation sexuelle.
Monsieur Fox, sur Instagram, analyse ces comportements dans ses « lives » quotidiens. Il déclare : « C’est très simple de trouver des gens qui vont nous ajouter sur n’importe quel réseau social. Sur Snapchat, ils pensent avoir une certaine impunité, car il est facile de créer un compte et difficile d’être identifié. » L’âge de 12 ans mentionné dans le profil ne semble pas dissuader ces internautes, qui se livrent à des échanges troublants.
Il raconte également avoir reçu des vidéos pornographiques, dont certaines pourraient mettre en cause des mineurs. « Un homme m’a même dit que c’était naturel de recevoir ce type de contenu à cet âge », explique-t-il, choqué par cette banalisation de la pédophilie.
Monsieur Fox a débuté son combat après une expérience personnelle traumatisante à l’âge de 13 ans. Il se souvient d’un jeu en ligne où un adulte avait réussi à obtenir ses informations personnelles. Cet événement l’a poussé à agir pour protéger les jeunes des dangers d’Internet. Depuis, il a acquis une audience de plus de 210 000 abonnés sur Instagram, où il partage ses découvertes et ses signalements.
Chaque soir, il se connecte pour dénoncer les prédateurs, diffusant des montages de conversations inappropriées. Son approche consiste à ne jamais engager la conversation lui-même, afin de rester dans la légalité. Il ne se considère pas comme un traqueur, mais plutôt comme un citoyen qui met en lumière des comportements inacceptables.
Florian distribue également des sifflets anti-agression, imprimés en 3D par ses abonnés, pour sensibiliser les jeunes à la sécurité personnelle. Chaque semaine, environ 1 000 sifflets sont distribués dans la rue, à des associations et dans des écoles.
Malgré son engagement, Florian ne tire aucun revenu de ses activités. Il vit principalement de ses allocations chômage et du salaire de sa femme. Ses actions, bien qu’essentielles, lui coûtent de l’argent, notamment pour l’envoi de signalements aux procureurs, qui peuvent varier entre 8 et 60 euros.
Monsieur Fox espère que son travail contribuera à une meilleure sensibilisation des parents aux dangers d’Internet. Il souligne l’importance de la vigilance et de la communication entre parents et enfants pour asr leur sécurité.
Source : France Télévisions
