Tempêtes de sable et de poussière : des niveaux records atteints en Chine, Irak et Mexique
D’impressionnants nuages noirs de poussières s’élèvent à l’horizon et déferlent sur les villes. Les rues s’obscurcissent en quelques secondes, avec des bourrasques atteignant jusqu’à 130 km/h. La tempête de sable qui a frappé fin mai 2026 la ville de Harbin, dans le nord-est de la Chine, est l’une des plus marquantes, suivie de près par un épais voile de sable rose-orangé ayant recouvert le palais Wanfo quelques jours auparavant.
Les tempêtes de poussière et de sable, bien que courantes en Chine au printemps, ont connu une intensification ces dernières années. Selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié le 9 juillet, ces tempêtes ont atteint des « niveaux records » en 2025, avec 14 épisodes observés en Chine, soit environ 40 % de plus que la moyenne des trente dernières années. Ce phénomène n’est pas isolé à la Chine.
À proximité des déserts ou des sols nus, le vent soulève d’importantes quantités de grains de sable. Les tempêtes de poussière, quant à elles, transportent des particules plus fines à plusieurs kilomètres d’altitude, touchant des zones éloignées. Ces phénomènes, qui affectent plus de 150 pays, sont en grande partie naturels, mais sont exacerbés par l’activité humaine et le réchauffement climatique. L’Organisation mondiale de la santé estime que près de 25 % des émissions de poussière proviennent d’activités humaines, telles que la dégradation des terres et la déforestation.
La sécheresse, la désertification et le recul de la végétation rendent les sols plus vulnérables, favorisant ainsi la survenue de tempêtes. En décembre 2025, une tempête de poussière a balayé l’Irak, le Koweït, le Qatar et la péninsule Arabique, entraînant l’annulation de vols et la fermeture d’écoles. En avril de la même année, une autre tempête a causé d’importants dégâts en Irak, avec plus de 3 700 personnes hospitalisées pour des difficultés respiratoires.
En Irak, les estimations du ministère de l’Environnement indiquent que le pays comptait environ 243 jours poussiéreux par an il y a vingt ans, contre 272 aujourd’hui, avec une prévision d’environ 300 jours d’ici 2050 si des mes ne sont pas prises. Pour lutter contre ce phénomène, des solutions telles que la répandage d’argile humide sur les dunes et la transformation de terres arides en zones agricoles sont envisagées.
Les ingénieurs chinois développent également des techniques pour fixer les dunes, comme des barrières en paille et des clôtures en acier. Toutefois, ces mes ne suffisent pas à empêcher la poussière de s’élever dans d’autres zones arides. La lutte contre les sols dénudés et faiblement végétalisés est donc essentielle. Une conférence des Nations unies sur la désertification est prévue en août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie, où la restauration des terres dégradées sera un sujet central.
Source : Organisation météorologique mondiale (OMM)
