Ne nous oubliez pas après les canicules : 37 000 « sinistrés climatiques » interpellent l’État
Des millions de Français subissent actuellement les conséquences du changement climatique, avec des écoles, logements et lieux de travail devenant des bouilloires, des hôpitaux saturés, et des restrictions d’eau. Les pertes agricoles et les incendies dévastateurs forcent de nombreux habitants à quitter leurs domiciles.
Face à une nouvelle vague de chaleur en France, des « sinistrés climatiques » lancent un appel à toutes les personnes affectées par ces événements. Soutenus par la coalition d’associations l’Affaire du siècle, ils invitent les victimes à se déclarer via un compteur citoyen, lancé le 9 juillet, qui a déjà enregistré 37 267 participations. Ce recensement vise à faire entendre leurs voix pour que l’État prenne en compte leurs réalités et agisse.
Parmi les participants, dix personnes ont engagé un recours contre l’État en 2025, demandant une révision du plan d’adaptation au changement climatique, qu’elles jugent insuffisant pour protéger les populations exposées. La décision du Conseil d’État est attendue en 2027.
Combien de « sinistrés » avant que l’État n’agisse ?
Il y a cinq ans, l’Affaire du siècle avait obtenu la condamnation de l’État français pour inaction climatique. Selon Tatjana Uskokovic, coordinatrice de l’Affaire du siècle, peu de progrès ont été réalisés depuis. D’après Météo-France, la fréquence des canicules a doublé, passant d’une tous les cinq ans avant 1989 à deux par an depuis 2015. En juin, Santé publique France a enregistré une hausse de 30 % des décès par rapport à la semaine précédente.
Conséquences sur la vie quotidienne
Naïma, 65 ans, résidant dans un logement social à Aubervilliers, décrit son appartement comme un « calvaire » pendant les vagues de chaleur, sans volets ni ventilation. Elle s’inquiète pour sa santé et demande des mes pour protéger les locataires des passoires thermiques.
Harmonie, 35 ans, a également subi des températures extrêmes dans son appartement lillois, atteignant 45 °C. Elle se remémore des conditions épuisantes lors de son séjour à l’hôpital pour accoucher, où le personnel était démuni face à la chaleur.
Sarah, mère d’une fille de 9 ans, a retiré sa fille de l’école en raison des conditions insupportables. Elle estime que c’est aux adultes, et en particulier au gouvernement, d’agir pour protéger les générations futures des conséquences du changement climatique.
Conclusion
L’appel des « sinistrés climatiques » souligne l’urgence d’une action étatique face à une crise qui ne cesse de s’aggraver. Les témoignages révèlent des réalités poignantes et une demande pressante pour des mes concrètes.
Source : Reporterre
