Le congé de solidarité écologique : une réponse à l’écoanxiété croissante
Les canicules de l’été 2026 exacerbent l’écoanxiété en France. En 2024, 2,1 millions de Français se sont déclarés très fortement écoanxieux, selon l’Agence de transition écologique (Ademe). Ce phénomène, qui traduit une inquiétude croissante face aux défis environnementaux, est alimenté par une perception d’impuissance politique en matière de transition écologique.
L’écoanxiété ne touche pas seulement les jeunes diplômés, mais s’étend à l’ensemble des salariés. Une étude d’Elabe et de l’Unédic de 2023 révèle que 44 % des actifs envisagent de quitter une entreprise dont les pratiques sont contraires à la transition écologique, souvent en raison de préoccupations liées au greenwashing.
Un besoin d’enracinement
Dans un marché de l’emploi perturbé par l’intelligence artificielle et un taux d’absentéisme en hausse, l’écoanxiété contribue à une perte de sens et à des craintes pour l’avenir. Les pathologies psychiques sont désormais les principales causes des arrêts maladie longs, selon le dernier rapport annuel de l’Assurance-maladie, qui indique une augmentation de 25 % en un an.
L’écoanxiété au travail soulève des questions sur le mal-être contemporain. Pour y répondre, l’idée d’un enracinement, au sens éthique, est avancée. Ce concept pourrait servir de guide pour naviguer dans les défis posés par l’écoanxiété.
Développer des compétences écologiques
En mai 2026, la candidate écologiste Marine Tondelier a proposé un congé climatique de cinq jours payés par an, permettant aux salariés de ne pas se rendre au travail lors d’événements climatiques extrêmes. Cette initiative vise à protéger particulièrement les travailleurs exposés à la chaleur. La proposition de congé de solidarité écologique, développée par Écologie responsable, élargit cette vision.
À court terme, ce congé permettrait aux salariés de développer des compétences écologiques. À moyen terme, il répondrait aux mutations du rapport au travail des jeunes générations, notamment en matière de flexibilité temporelle. À long terme, ce dispositif pourrait contribuer à l’adaptation du système économique face au réchauffement climatique.
Favoriser la cohésion territoriale
Le congé de solidarité écologique serait d’une durée de une à deux semaines, sur la base du volontariat, cofinancé par les employeurs et l’État. Pour encourager l’enracinement local et réduire l’empreinte carbone, il serait prioritairement effectué en France, avec un accent sur les missions dans les zones rurales.
Le secrétariat général à la planification écologique (SGPE) pourrait établir une liste de structures éligibles, telles que des ONG et des associations, après un examen des candidatures. Le coût estimé de cette me se situerait entre 2 et 5 milliards d’euros par an.
Face à une tendance parmi les jeunes diplômés de la « génération climat » à déserter le système au nom d’une éthique puriste, le congé de solidarité écologique pourrait offrir une solution pragmatique pour transformer le système de l’intérieur. Ce dispositif pourrait ainsi contribuer à un avenir collectif en réponse aux enjeux de l’anthropocène.
Source : Agence de transition écologique (Ademe)
