SOFIA – La Bulgarie, moins de six mois après l’adoption de l’euro, enregistre le taux d’inflation le plus élevé de la zone euro. Le nouveau gouvernement, dirigé par le Premier ministre Roumen Radev, cherche à maîtriser les prix des denrées alimentaires sans recourir à des contrôles des prix.
Depuis l’adoption de la monnaie unique de l’UE le 1er janvier 2026, les inquiétudes concernant une hausse des prix se sont intensifiées. En avril, l’indice des prix à la consommation a atteint 6,8 %, une forte augmentation par rapport aux 4,1 % du mois précédent, marquant le plus haut taux d’inflation annuel parmi les pays de la zone euro depuis août 2023. Les augmentations notables incluent les tomates (+28,8 %), les poivrons (+24,8 %) et les choux (+18,3 %) par rapport à l’année précédente.
Dans ses premières déclarations, Radev a promis de ne pas imposer de plafonds de prix, mais d’utiliser tous les outils de l’économie de marché pour freiner l’inflation, notamment par un contrôle accru des détaillants et des sanctions pour hausses de prix injustifiées. Un paquet législatif a été proposé, visant à modifier la loi sur la protection des consommateurs pour obliger les grands détaillants à justifier les hausses de prix. Les amendes pourraient atteindre jusqu’à 100 000 euros pour les détaillants.
Les modifications législatives prévoient également d’élargir la liste des pratiques commerciales déloyales interdites et de renforcer les pouvoirs d’enquête de la commission nationale antimonopole. Ces projets de loi, adoptés en première lecture au Parlement, devraient entrer en vigueur en août, pour une durée d’un an.
Cependant, ces mes ont suscité des critiques de la part des syndicats et des organisations professionnelles, qui estiment ne pas avoir eu suffisamment de temps pour analyser les propositions. Le chef de l’opposition, Asen Vassilev, a mis en garde contre le risque que ces interventions n’augmentent finalement les prix, rappelant que des efforts similaires n’avaient pas réussi à contenir les coûts auparavant.
Les experts soulignent que l’inflation en Bulgarie ne peut pas être attribuée uniquement à l’adoption de l’euro, mais est également le résultat d’une croissance rapide des salaires et de déficits budgétaires persistants. Pour certains, un resserrement budgétaire pourrait être nécessaire pour maîtriser la dynamique des prix.
La Bulgarie n’est pas la première à envisager des régulations sur les prix alimentaires, mais en tant que nouveau membre de la zone euro, les enjeux sont significatifs. Le gouvernement semble avoir les voix nécessaires pour faire adopter sa législation, mais l’efficacité de ces mes pour faire baisser les prix reste à prouver.
Source : Euractiv
