BGFIBank entraîne les banques africaines vers les standards internationaux
En renouvelant une certification et en en décrochant une seconde, le groupe présidé par Henri-Claude Oyima participe au mouvement des banques africaines vers les meilleurs standards internationaux. Une course à la conformité qui vise autant à se différencier de la concurrence qu’à s’attirer la confiance des investisseurs.
Dans un monde de plus en plus risqué et incertain, les exigences de conformité deviennent de plus en plus fortes et standardisées. Ce paradoxe touche toutes les grandes entreprises internationales, y compris les banques africaines, dont l’accès aux réseaux financiers internationaux dépend largement de la confiance accordée par les investisseurs.
Les banques africaines s’engagent contre la corruption
Pour convaincre les investisseurs de leur fiabilité, de nombreuses banques sur le continent se tournent vers l’obtention de labels, certifications et normes diverses. Ces éléments leur permettent de prouver que leurs dispositifs de prévention du risque financier répondent à des standards reconnus internationalement. En Afrique, une véritable « course aux certifications » se joue entre les banques désireuses de s’imposer sur leurs marchés nationaux et au-delà.
BGFIBank Cameroun a récemment annoncé avoir obtenu la certification ISO 37001, devenant ainsi la première banque de la sous-région d’Afrique centrale à recevoir cette reconnaissance. Cette certification atteste des efforts de l’établissement en faveur de la prévention et de la lutte contre la corruption.
Pour le groupe BGFIBank, qui opère dans douze pays africains, cette certification constitue une première étape dans une démarche plus large de déploiement progressif du dispositif au sein des autres filiales, dans le cadre d’une stratégie d’amélioration continue et d’harmonisation des pratiques.
Le coût de la conformité
S’élever au niveau des meilleurs standards internationaux nécessite des efforts considérables. Les banques investissent des ressources humaines et financières importantes dans cette mission. La conformité, ou « compliance », est devenue une véritable infrastructure, comprenant des équipes spécialisées en lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT), des systèmes de surveillance transactionnelle, des outils dédiés, des audits, des formations internes et des procédures de contrôle des clients et fournisseurs.
La Banque Africaine de Développement (BAD) souligne dans son rapport d’activité 2025 l’importance de renforcer les dispositifs de contrôle liés aux risques de blanchiment, de financement illicite et de corruption. Cet exemple montre à quel point la conformité est devenue une fonction stratégique au sein du secteur financier africain.
Henri-Claude Oyima, PDG du groupe BGFIBank, a mis en avant l’importance de ces certifications lors d’une cérémonie à Euronext. Il a déclaré que ces reconnaissances viennent « reconnaître plusieurs années d’investissements soutenus dans la gouvernance, la conformité, la maîtrise des risques et l’amélioration continue de nos processus ». Il a également affirmé que le groupe s’engage à inscrire ses activités dans les standards internationaux les plus exigeants pour renforcer la confiance de ses clients et partenaires.
La conformité, incontournable élément de différenciation
Aujourd’hui, l’objectif de la conformité ne se limite plus à éviter des sanctions. Il s’agit également de renforcer la crédibilité des banques auprès des investisseurs et des institutions financières, en prouvant la robustesse de leurs contrôles et procédures internes. Cela leur permet de prétendre à entrer dans la « cour des grands », sur un pied d’égalité avec les établissements les plus prestigieux sur la place financière.
Source : DECIDEURS MAGAZINE