Génocide : la guerre des mots
Le terme « génocide » suscite des débats passionnés dans le domaine des relations internationales, notamment en raison de son utilisation dans des contextes politiques sensibles. Actuellement, les juges des tribunaux internationaux peuvent faire face à des sanctions pour avoir enquêté sur des génocides présumés, ce qui soulève des préoccupations sur la liberté académique et la possibilité pour les juristes et les chercheurs de s’exprimer sans crainte de représailles.
Le concept de génocide est ancré dans le droit international, qui a évolué pour développer un vocabulaire spécifique pour désigner les crimes les plus graves. Ce domaine n’est pas théorique mais est influencé par la jurisprudence des tribunaux internationaux et nationaux, qui traitent des litiges entre États et des plaintes de la société civile.
Selon Paola Gaeta, dans un entretien pour Global Challenge, l’évolution du concept de génocide depuis la Seconde Guerre mondiale peut être divisée en trois grandes périodes, avec une quatrième période émergente due aux développements récents.
Le concept de génocide en contexte : le point de vue des spécialistes du droit international
Le terme « génocide » est défini dans la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par des États désireux d’éviter la répétition des horreurs de la Shoah. En parallèle des normes des droits humains, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, qui ont également évolué, Raphael Lemkin a introduit le terme « génocide » dans son ouvrage Axis Rule in Occupied Europe (1944) pour décrire les abus commis par des États souverains.
Le Tribunal de Nuremberg, qui a jugé les atrocités nazies à partir de 1945, ne s’est pas encore saisi du concept de génocide, n’étant pas encore codifié en droit international. Il a cependant consacré d’autres termes tels que « crimes contre l’humanité », déjà utilisés depuis 1915 pour dénoncer les massacres des Arméniens.
Source : AOC Media.
