L’Académie de médecine recommande l’autorisation des dépistages génétiques préconceptionnels
L’Académie de médecine a publié un rapport le 10 juillet, dans lequel elle préconise l’autorisation générale des tests de dépistage génétique pour les couples ayant un projet parental. Ce dépistage, jusqu’à présent réservé aux cas avec antécédents familiaux, pourrait permettre de détecter certaines anomalies génétiques.
Ce sujet a suscité des débats au sein du Comité national d’éthique et à l’Assemblée nationale lors des révisions des lois de bioéthique, sans aboutir à des changements législatifs. Toutefois, l’Académie souligne que « le contexte a profondément changé ». Elle met en avant les avancées technologiques, notamment le séquençage à haut débit, qui a rendu ces tests plus accessibles et moins coûteux.
De nombreux pays, tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, ont déjà mis en œuvre ces dépistages avec des résultats significatifs, comme la quasi-disparition de la maladie de Tay-Sachs dans certaines populations. En France, le dépistage génétique préconceptionnel est actuellement interdit pour la population générale, sauf en cas d’antécédents familiaux.
Plus de mille gènes liés à des maladies récessives graves et incurables, telles que la mucoviscidose et l’amyotrophie spinale, ont été identifiés. Ce type de dépistage permettrait d’informer les couples sur les risques d’avoir un enfant atteint de ces maladies et sur les choix qui s’offrent à eux.
L’Académie considère que ce dépistage représente un progrès dans l’information et la liberté de choix des couples. Elle recommande également des garanties, telles que la prescription par des professionnels de santé formés et un accompagnement des couples à risque.
Enfin, l’Académie suggère d’envisager le remboursement par l’Assurance maladie des tests génétiques préconceptionnels pour les gènes les plus fréquents et d’intégrer la sensibilisation aux maladies génétiques dès le collège.
Source : L’Académie de médecine.
